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Marseille
Localisation

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Marseille (prononcé [maʁ.ˈsεj] en français standard et [maʀ.ˈse.jə] avec l'accent marseillais), Marselha ou Marsiho ([maʀˈse.jɔ]) en provençal, est une commune du sud-est de la France. C'est le chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Depuis 2000, Marseille est à la tête de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, qui regroupe 1 039 739 habitants[1].

Fondée sous le nom de Modèle:Grec moderne (Massalía) vers 600 av. J.-C. par des marins grecs originaires de Phocée — ce qui en fait la ville la plus ancienne de France — Marseille est aujourd'hui le premier port français et méditerranéen et le cinquième port européen[2].

En Modèle:Dernière population commune de France, Marseille compte Modèle:Dernière population commune de France habitants, soit la deuxième commune la plus peuplée de France. Son unité urbaine est également la deuxième de France avec 1 560 343 habitants[3] et l'Aire urbaine de Marseille-Aix-en-Provence comprend 1 715 096 habitants en 2008[4], soit la troisième de France derrière Paris et Lyon.

Marseille est l'objet du projet de rénovation urbaine Euroméditerranée et accueille le siège du Conseil mondial de l'eau. En 2013, elle est Capitale européenne de la culture et l'hôte de l'Europride.

Modèle:Sommaire

Toponymie Modifier

Fichier:Marseille Vieux Port.jpg

Le nom de Marseille provient à l'origine du grec Modèle:Grec moderne (Massalía, accent tonique sur le « i »), nom sous lequel est fondée la ville par des Grecs venus de Phocée (Modèle:Grec ancien / grc-Latn). Plusieurs hypothèses existent pour expliquer l'origine de ce nom, parfois considérées comme fantaisistes.

La première donne Mas Salia, la résidence des Salyens[5]. Cependant, le premier mot est provençal, et le second latin. Une autre explication donnerait le nom comme issu du grec Mασσα (Massa), les Phocéens ayant rapporté d'Asie Mineure l'habitude de donner ce nom à des villes, châteaux, rivières, etc. (on trouve par exemple plus de trente Massa en Italie). Les mots Mαζα ou Mασα correspondent au latin Libum, offrande de gâteaux sacrés, et la finale -λεις, serait un formatif des adjectifs, les Massaliotes étant des sacrificateurs et la ville, celle des sacrifices.

Une explication plus plausible est celle proposée par Ernest Nègre, qui pense que le lieu est baptisé par les Phocéens, à partir d’un hydronyme courant en Grèce, Massalia[6]. Les Fénié, autres toponymistes, pensent à un nom ligure[7].

À l'époque romaine, Massalia devient Massilia puis Marselha en occitan provençal[6] dont le nom français « Marseille » est issu (le « a » final semi-sonnant, étant transposé en « e »).

Le nom actuel en occitan ou provençal est toujours Marselha pour l'orthographe classique ou Marsiho pour l'orthographe mistralienne (prononcé /maʀˈsijɔ/)[8],[9]. On appelle la ville Marsiglia en italien, Marsella en catalan et en espagnol, Marselha en portugais, Marseilles ou Marseille en anglais, on l'a appelé Massilien autrefois en allemand mais Marseille de nos jours, et enfin مرسيليا (Marsilya) en arabe, où le mot arabe marsa veut dire « port ».

Histoire Modifier

Préhistoire Modifier

La topographie première du site de la Marseille grecque est encore largement perceptible de nos jours, malgré les importantes modifications du XIXe siècle. Promontoire environné par la mer, le site est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres) et la butte des Carmes (environ 40 mètres)[10].

L'occupation humaine du site est ancienne, comme en témoigne la découverte, entre 1985 et 1991, de la grotte Cosquer par Henri Cosquer, occupée entre 27 000 et 19 000 avant le présent. Par ailleurs, en juin 2005[11], des fouilles ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique qui remonte à 6 000 avant notre ère, près de la gare Saint-Charles, autour de la rue Bernard-Dubois[12].

Antiquité Modifier

Massalia, cité grecque Modifier

Fondation de la ville : la légende de Gyptis et Protis Modifier

La fondation de Marseille, qui remonte aux environs de 600 avant J.-C., est le fait de colons grecs venus de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie) ; ce peuplement fut notamment favorisé par les Phocéens fuyant les invasions perses en 546 av. J.-C.. La date de -600 est donnée par différents auteurs antiques avec des variantes et les découvertes archéologiques ne la contredisent pas. Les conditions exactes de la fondation de la ville sont inconnues si ce n'est la légende rapportées par deux auteurs antiques : Justin et Aristote.

D'après Justin, le territoire qui forme aujourd'hui Marseille était occupé par une tribu des Ligures, celle des Ségobriges, qui se serait implantée vers l'actuelle Allauch. Deux navarques grecs, Protis et Simos, arrivèrent avec leur flotte pour établir une base commerciale dans le port naturel du Lacydon et participer au commerce de l'étain et de l'ambre. Le jour de l'arrivée des Grecs, le chef de la tribu ligure, Nanos, organisa un festin au cours duquel sa fille Gyptis avait à choisir son époux en lui tendant une coupe d'eau. Les Grecs furent invités à se joindre au banquet et le jeune chef de ceux-ci, Protis, fut choisi, scellant ainsi la fondation d'une nouvelle cité qu'il érigea sur les bords de la corne du Lacydon[13].

Évolution de Massalia Modifier

Les fouilles archéologiques ont révélé les vestiges des premières traces de l'habitat grec directement au contact d'un sol vierge sur la partie la plus occidentale de la butte Saint-Laurent. Très vite la ville s'agrandit et s'étend jusqu'au versant oriental de la butte des Moulins. Enfin, elle englobe la troisième butte (des Carmes) avant la fin du VIe siècle av. J.-C.. Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ 50 hectares, que la ville ne dépassera plus avant le XVIIe siècle.

Fichier:Marseille - Le jardin des vestiges.JPG

La fortification grecque de la fin du VIe siècle av. J.-C. a été retrouvée en deux points de la ville : au jardin des Vestiges et sur la butte des Carmes, lors de fouilles d'urgence dans les années 1980. Une reconstruction a lieu à l'époque grecque classique, dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., l'ensemble de la fortification est reconstruite en grand appareil de calcaire rose. Ce rempart est encore visible dans le jardin des Vestiges[14].

L'intérieur de la ville est découpé en îlots, avec des rues à angle droit qui constituent des ensembles cohérents, adaptés à la topographie naturelle du site. Ainsi le long du rivage les voies ont-elles des axes changeants, tandis que les pentes de buttes sont quadrillées de façon régulière[15].

À l'extérieur des murs, les fouilles récentes ont mis en évidence une cadastration établie dès la fin du VIe siècle av. J.-C., ainsi que l'exploitation de carrières d'argile que l'on trouvait abondamment dans le substrat géologique (site de l'Alcazar) ; par la suite se développe au même emplacement une culture de la vigne et probablement d'autres plantations[16]. Les nécropoles sont connues soit par des découvertes anciennes soit par la fouille, en 1990, du parc Sainte-Barbe[17].

La Marseille grecque connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Égypte, l'Asie mineure puis Rome. La ville est indépendante et s'administre librement : elle est gouvernée par un directoire de 15 « premiers » choisis parmi 600 sénateurs (Strabon, IV, 1,5). Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif.

Marseille est le point de départ de la diffusion de l'écriture chez les peuples gaulois, qui ont appris à transcrire leur propre langue en caractères grecs. C'est aussi probablement par Marseille que sont introduits en Gaule les premiers vignobles[18].

Marseille et Rome Modifier

Au cours du IIe siècle av. J.-C., Marseille se retrouve confrontée à la puissance grandissante de ses voisins gaulois, en particulier des Salyens. Pour faire face à leur menace, la cité fait appel à son alliée Rome, devenue la grande puissance méditerranéenne.

Cliente de Jules César et de Pompée, Marseille refuse en -49 de prendre parti dans la Guerre civile, tout en accueillant les émissaires de Pompée. Battue en mer et assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Gaius Trebonius, la ville est prise (Bellum Civile, livre I, 34-36, etc.), privée de ses colonies[19] et doit se soumettre à Rome. Les Romains la rattachent à la province Narbonnaise.

À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par F. Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum est bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-Port[20]. Des thermes sont installés le long du port : les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont aujourd'hui visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière l'Hôtel de Ville.

Pendant le Haut Empire, la zone portuaire est considérable[21] : elle s'étend sur la rive nord de la calanque du Lacydon, en suit la corne du port (Jardin des Vestiges) dont le quai est reconstruit à l'époque flavienne, et se prolonge au fond du Vieux-Port actuel. Dans cette zone, les fouilles de la place Général-de-Gaulle ont dégagé une grande esplanade empierrée qui peut correspondre à des salines aménagées. De nombreux entrepôts à dolia sont connus ; une partie de l'un d'entre eux a été conservée en rez-de-chaussée du Musée des docks romains.

Puis, durant le Bas Empire, la ville semble décliner légèrement au profit vraisemblablement d'Arles.

Antiquité tardive Modifier

Marseille se développe à nouveau à partir du Ve siècle de notre ère. À l'intérieur de la ville, la construction d'une première grande cathédrale marque la puissance de l'évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Deux basiliques funéraires ont été retrouvées en fouille[22]. L'une, hypothétique, fouillée pour moitié dans l'emprise des immeubles du cours Belsunce par J. et Y. Rigoir en 1959, et par G. Bertucchi dans la construction du Centre Bourse en 1974. La seconde est clairement attestée par la fouille de M. Moliner, rue Malaval (2003-2004), avec la découverte d'une memoria intacte sous le chœur[23].

Sur la corne du port, comblée, se développe un habitat dont on retrouve la trace, hors les murs, jusqu'à l'actuelle bibliothèque de l'Alcazar (fouille M. Bouiron). Sur ce site, on a pu mettre en évidence une continuité directe avec les constructions romaines ; un groupe de bâtiments se développe progressivement entre le Ve siècle et le VIIe siècle, avec dans un dernier état, un vaste bâtiment de type entrepôt. Les bâtiments sont abandonnés au début du VIIIe siècle[24].

La vitalité du commerce est perceptible par les découvertes de productions céramiques venant de toute la Méditerranée, témoins privilégiés des marchandises qui affluent à Marseille durant la période ostrogothique et mérovingienne. Puis, prise dans les remous des conflits entre rois francs, la ville semble perdre de son importance à partir de la reprise en main de la Provence par Charles Martel et le pillage de la ville qui l'accompagne.

Moyen Âge Modifier

Haut Moyen Âge et Moyen Âge central Modifier

Marseille est pillée par les Sarrasins en 838 et par les pirates grecs en 848[25].

En 904, l'abbaye Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l'Aveugle. L'époque reste incertaine, avec les démêlés des derniers carolingiens tout entiers tournés vers l'Italie et n'hésitant pas à traiter avec les Sarrasins lorsque leurs ambitions le nécessitent. Ces derniers en 923 dévastent le monastère de Saint-Victor et le territoire marseillais. À partir du milieu du Xe siècle, la situation se stabilise. Le comte de Provence choisit un frère de l'évêque Honoratus de Marseille, fils d'Arlulf de Marseille, Guillaume, comme vicomte de Marseille. Ses descendants seront pendant plusieurs générations soit évêque soit vicomtes de Marseille.

La topographie de l'époque est difficilement perceptible[26]. Il existe une fortification réduite sur le sommet de la butte Saint-Laurent, c'est le château Babon (castrum Babonis) des textes du XIIe siècle. Le nom de Babon fait référence à un évêque, mentionné à propos d'un polyptyque perdu de l'abbaye de Saint-Sauveur, et qui pourrait avoir exercé au cours du IXe siècle. La délimitation de cette enceinte est difficile car cette fortification a déjà pratiquement disparu à la fin du XIVe siècle et aucun vestige n'en est connu. Englobant une partie de la ville haute appartenant à l'évêque, elle devait contenir la zone du fort Saint-Jean et arriver jusqu'à la rue Fontaine-des-Vents, au voisinage de l'actuelle place de Lenche. M. Bouiron a mis en évidence, au contact de cette fortification, un deuxième ensemble fortifié centré autour de la Major, le bourg de la Major qui contient une partie de la butte des Moulins. "La mention dans la charte de 904 d'un castrum a été interprétée anciennement comme une mention du Château Babon. Il semble plus vraisemblable de voir, en association avec d'autres mentions d'archives, une troisième fortification, celle-ci relevant du comte, autour de l'ancienne porte d'Italie et du Tholonée, lieu de perception du péage. Ainsi se dessine une ville multipolaire, à l'image de tant d'autres villes du haut Moyen Âge."

"Durant la première moitié du XIe siècle, la stabilité politique et le développement de l'abbaye de Saint-Victor renforcent le développement de la cité. L'indivision entre évêques et vicomtes profite à l'ensemble de la cité, dont la division héritée du Haut Moyen Âge s'estompe progressivement. La refondation du couvent de Saint-Sauveur (à l'emplacement de l'église des Accoules), vers 1030, au centre de l'espace situé entre l'ancienne ville comtale et l'ancienne ville épiscopale, a dû s'accompagner d'une renaissance de l'habitat dans cette zone."

Passé l'an mille, Marseille se révèle à nouveau un port florissant qui participe aux Croisades. Les Marseillais sont présents en Afrique du Nord et possèdent un quartier à Saint-Jean d'Acre. Si la prise de cette dernière met un terme à l'aventure en Terre Sainte, leur présence est largement attestée en Méditerranée tout au long du Moyen Âge.

De nombreux conflits émaillent par ailleurs l'histoire entre les comtes de Provence et Marseille, qui jouit d'une certaine indépendance commerciale :

L'indépendance économique et politique de Marseille par rapport à la France perdure jusqu'à la fin du XVe siècle et Charles Ier d'Anjou.

Bas Moyen Âge Modifier

Fichier:Marseille en 1575.jpg

La grande peste pénètre en Europe par le port de Marseille en 1347. En 1423, la prise de la ville par les Catalans et la destruction qui s'en suit occasionne un profond déclin à la fin du Moyen Âge.

Le 15, le comte de Provence René d'Anjou, qui a succédé à son frère Louis III d'Anjou, comme roi de Sicile et duc d’Anjou, arrive à Marseille, et favorise par des privilèges le relèvement de la ville, qu'il considère comme une base maritime stratégique pour reconquérir son royaume de Sicile.

Les Marseillais, en contrepartie, se chargent de la reconstruction des remparts. Le roi René, qui souhaite équiper l'entrée du port d'une solide défense, décide de faire construire sur les ruines de l’ancienne tour Maubert, une nouvelle tour plus importante. Jean Pardo, ingénieur, en conçoit les plans et Jehan Robert, maçon de Tarascon, exécute les travaux. Cette construction s’échelonne de 1447 à 1453. Le roi fait édifier les fondations du piédestal, puis les travaux sont suspendus faute de crédits et c’est finalement grâce à l’aide des habitants de Marseille et notamment de la corporation des pêcheurs qu’ils peuvent reprendre. Cette tour, dite tour du roi René, sera englobée au XVIIe siècle dans le fort Saint-Jean construit sur ordre de Louis XIV.

En 1516, François Ier, en pèlerinage dans la région, est attiré par la curiosité de voir un rhinocéros (cet animal est un cadeau du roi du Portugal Emmanuel Ier au pape Léon X, le navire faisant escale sur l'île d'If). François Ier rend une visite à la ville et en profite pour en étudier la situation géographique et estime alors qu'elle manque de défense.

En 1524, l'armée Française perd la dernière bataille d'Italie et se replie, poursuivie par ses ennemis et leurs alliés. l'armée du Saint-Empire romain germanique pille les environs et assiège Marseille. La ville résiste et permet à l'armée française de se réorganiser et de contraindre l'armée du Saint-Empire de retourner sur ses terres. La prise de la ville est évitée de peu et rend encore plus évidente la nécessité de renforcer les défenses de la ville. François Ier ordonne la construction de deux forts royaux, l'un sur l'île d'If, et l'autre à Notre-Dame de la Garde. Il fait ainsi bâtir le château d'If entre 1526 et 1529 et fait ériger un rempart en pierre à Notre-Dame de la Garde. En 1536, les travaux de Notre-Dame de la Garde sont achevés, à temps pour défendre la ville contre les troupes de Charles Quint, qui est lui aussi repoussé.

XVIe et XVIIe siècles : la ville rebelle Modifier

Fichier:Charles de Casaulx.jpg

Lors des guerres de religion, Marseille parvient dans un premier temps à se tenir à l'écart des conflits et accueille de nombreux réfugiés des combats. Elle adhère toutefois à la Ligue catholique en 1589. À la mort d'Henri III, Marseille refuse de reconnaitre son successeur Henri de Navarre : « une gigantesque procession menée par les consuls se [rend] à la porte Réale » et érige une croix en signe de défiance de la « première [ville] christianisée du royaume. »[27]

En , le leader des ligueurs radicaux, Charles de Casaulx, est élu premier consul. À l'automone 1592, le Conseil de ville rejette l'autorité du Parlement d'Aix et déclare ne plus obéir qu'à l'autorité du duc de Mayenne, chef de la Ligue. Casaulx prend alors des initiatives menant la ville sur la voie de l'indépendance : construction d'un fort à l'entrée du port, rétablissement d'un grenier à sel et affranchissement de la gabelle, création d'une imprimerie. En , Henri de Navarre abjure la foi protestante ; il est reconnu roi par le pape puis, en par le duc de Mayenne. Seule Marseille refuse de se soumettre et Casaulx demande l'aide de Philippe II d'Espagne. Le 17, des troupes françaises se massent devant les remparts de la ville ; alors qu'il accourt sur place, Casaulx est assassiné par Pierre de Libertat, qui fait ensuite ouvrir les portes de la ville. En apprenant la réduction de la ville Henri IV aurait dit : « C'est maintenant que je suis roi de France[27]. »

Marseille continue toutefois dans les années qui suivent à contester le pouvoir royal. En 1615, la population attaque le bureau de perception de la taxe foraine, tuant les commis et brulant les registres. En 1634, une émeute de pêcheurs conteste la hausse du sel. En 1635 puis en 1644, des habitants se révoltent contre de nouveaux règlements royaux concernant les monnaies. En 1652, profitant de la Fronde aixoise, les Marseillais prennent les péages de Bouc-Bel-Air, d'Aubagne et des Pennes. En 1659, un émissaire du roi est pris à partie par la foule et mis en pièces[28].

Louis XIV se rend alors sur place pour mettre fin aux troubles. En 1660, établi à Aix, il annonce que Marseille sera soumise à une occupation militaire et que les institutions municipales seront complètement réformées. La porte Réale, devant laquelle les comptes de Provence puis les rois de France devaient jurer de respecter les libertés de la ville avant d'y pénétrer, est abattue. Pour surveiller la ville, le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas sont construits à l'entrée du port. Le 2, Louis XIV fait symboliquement sont entrée dans Marseille par une brèche ouverte dans les remparts, comme si la ville était conquise[28].

XVIIe et XVIIIe siècles : l'essor commercial Modifier

Fichier:Plan de marseille 1720.PNG

Si Marseille a pratiquement ignoré la Renaissance, elle se transforme à partir du XVIIe siècle, entre esprit classique et baroque, sous l'influence notamment de Pierre Puget[29]. Après la soumission de la ville par Louis XIV, l'agrandissement en est décidée. Pour la première fois, Marseille s'étend au-delà de ses murailles médiévales. Le Cours (aujourd'hui Cours Belsunce et Cours Saint-Louis), est construit en 1670.

En , Jean-Baptiste Colbert fait de Marseille un port franc, supprimant la quasi totalité des droits. En 1685, un édit interdit aux marchandises du Levant d'entrer dans le royaume par un autre port que Marseille, qui se retrouve ainsi en situation de monopole. La Chambre de commerce, la plus ancienne de France, fondée en 1599, reçoit la gestion du commerce français avec le Levant et la Barbarie. Ces dispositions attirent une nouvelle prospérité grâce au commerce méditerranéen. À partir de 1700, Marseille se lance dans le commerce océanique, d'abord dans le trafic d'argent avec l'Amérique du Sud, puis des alcools, sucre et café avec les Antilles[30].

À la fin du XVIIIe siècle, Marseille est le premier port de Méditerranée, devant Gênes. Si la peste de 1720 porte un rude coup à la démographie de la ville (38 000 victimes sur 75 000 habitants)[31], celle-ci se rétablit vite et atteint son niveau d'avant la peste dès 1730[30].

En dehors de la cité, le terroir marseillais, comprenant d'une cinquantaine de villages et de riches familles exploitantes agricoles, profite de cette prospérité. La principale richesse du terroir est le vin, qui est vendu en ville où aucun vin étranger n'est autorisé[30].

Révolution et Empire Modifier

Fichier:Marche des Marseillois.jpg

Il faut attendre la Révolution française et l'uniformisation du territoire français (langue, monnaie, droit) pour que Marseille perde cette spécificité qu'elle a toujours tenté de conserver. Ce n'est sans doute pas pour rien que le chant révolutionnaire de Rouget de Lisle plaît aux Marseillais et est appelé la Marseillaise. Révolté contre la Convention, Marseille est rebaptisée pendant quatre semaines « Ville-Sans-Nom ».

La Marseillaise Modifier

En 1792, Rouget de Lisle, jeune officier du génie, compose à Strasbourg le « Chant de guerre de l'Armée du Rhin ». Cet hymne, qui a été édité, parvient à Marseille qui a accueilli la Révolution avec enthousiasme. La ville, envoyant à Paris 500 volontaires, leur offre un banquet, au cours duquel un certain François Mireur chante l'œuvre venue d'Alsace. Elle soulève l'enthousiasme et les assistants la reprennent en chœur. Quand ils défilent dans les rues de Paris, leurs voix chaudes de Méridionaux, qui lancent à toute volée les strophes enflammées, électrisent la foule. Le nouvel hymne trouve aussitôt son nom : c'est la Marseillaise. Une plaque commémorative de Rouget de Lisle est visible rue Thubaneau au centre de Marseille.

XIXe et XXe siècles : Marseille, port des colonies Modifier

De 1860 au début de la Première Guerre mondiale Modifier

Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles (dont l'apparition de la navigation à vapeur), la fin de la piraterie barbaresque et les traités de libre échange des années 1860, les conquêtes coloniales de la France à partir de 1830 puis le percement du canal de Suez en 1869, stimule le commerce maritime et la prospérité de la ville qui passe d'environ 300 000 habitants en 1870 à environ 600 000 habitants en 1940. La zone portuaire déborde de son périmètre historique (le Vieux-Port) et s'étend à partir de 1844 aux rivages Nord. Les actuels bassins de la Joliette sont ouverts en 1853, ceux du Lazaret et d'Arenc en 1856. La banque de Marseille la plus réputée est alors celle créée par Pierre Pascal II au début de l'Empire.

L'économie de la ville est alors basée sur le négoce et l'industrie : production de corps gras, huile et savons, sucre, semoulerie, chimie, tuilerie, réparation navale et construction mécanique[32]. Si la fin du XIXe siècle est moins florissante, la période précédant la Première Guerre mondiale est le point culminant de ce système « industrialo-portuaire » marseillais : l'année 1913 est celle où le tonnage portuaire est le plus important, notamment les oléagineux. À cette époque se développe de petites entreprises créées par de nouveaux venus (sud de la France, Italie, Empire ottoman)[33] et d'abord spécialisées vers la négoce et la transformation des produits coloniaux, puis des armateurs, négociants, fabricant d'huile, raffineur de sucre et savonnier, voire banquiers. Dans ce système concurrentiel et de spéculation de marchés, définit par l'individualisme industriel, l'activité repose souvent sur un système familial. Très attaché à ce modèle libéral, bénéficiant d'une main d'œuvre étrangère peu qualifiée, ces patrons marseillais sont contre toute intervention « parisienne » du type d'investissement de capitaux privés ou de mise en place de réglementations publiques[34]. Marseille célèbre cette richesse à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922 qui connaissent un vif succès.

Grands chantiers Modifier

Fichier:Marseille - Quai de la Joliette.jpg

L'accroissement territorial et démographique de la ville est à l'origine d'un chantier majeur : l'adduction des eaux de la Durance, décidée dès 1834 par le maire Maximin Consolat. Cette mesure s'impose d'autant plus que sévissent cette année-là une grande sécheresse et une épidémie de choléra. La construction par 5 000 ouvriers du canal de Marseille, long de 87 km, demande onze ans de travaux, et l'eau de la Durance arrive le 8 juillet 1847 à Marseille. En 1862, afin de commémorer cet événement, l'architecte d'origine nîmoise Henry Espérandieu (1829-1874) est chargé de réaliser un vaste monument « à la gloire de l'eau » ; c'est le palais Longchamp, qui est inauguré en août 1869.

Ce dernier a également édifié la basilique de Notre-Dame de la Garde à partir de 1853 (consacrée en 1864) et intervient aussi sur le grand chantier de construction de la nouvelle cathédrale de La Major sur les quais de la Joliette. Il réalise également de 1864 à 1874 le palais des Arts situé place Carli et participe à la construction de la monumentale préfecture.

L'autre grand chantier est, comme partout en France à cette époque, l'arrivée du chemin de fer. Marseille est reliée à Avignon au début de l'année 1848, à Lyon en 1854, à Paris en 1857. La gare terminus, établie sur la butte Saint-Charles, fait l'objet de nombreux remaniements et aménagements jusqu'à la fin du siècle[35].

En 1871, pendant le soulèvement de la Commune de Paris, la ville connaît une insurrection similaire qui dure quinze jours. La préfecture est bombardée et le chef des insurgés, un avocat modéré, Gaston Crémieux, fusillé six mois plus tard, au Pharo.

En 1884 sévit une nouvelle épidémie de choléra. En 1891 débutent les travaux d’un réseau d'assainissement aboutissant à la construction d'un grand collecteur.

Début XXe siècle Modifier

Au début du XXe siècle, la bourgeoisie issue de l'industrialisation négociante est peu présente dans les postes politiques. L'entre-soi familial met à distance, hormis quelques exceptions, les élites locales et les représentants de l'État[36]. De même dans la ville, plutôt que d'intervenir au centre où se concentre l'espace industriel et ouvrier, ces industriels et négociants locaux s'installent dans les quartiers résidentiels du sud, renforçant une division de la ville entre quartiers populaires au nord et bourgeois au sud. Cette bourgeoisie ne mène pas de politique de logement ouvrier. La vaste opération du percement de la rue de la République renforce d'ailleurs la prudence des investissement immobiliers après de grandes difficultés de rentabilité dû à la faillite des frères Péreire et à la reprise par les grandes familles locales.

La ville fait ainsi face à un surpeuplement important, découlant du faible nombre de logements construits entre 1880 et 1914 et renforcé par le peu d'impact de la loi sur les habitations à bon marché (HBM) en raison du faible investissement du patronal local dans ces nouveaux organismes, contrairement à ce qui se réalise à cette époque ailleurs en France[37]. La poussée démographique ouvrière et immigrée rend l'urbanisation dispersée avec un morcellement des propriétés rurales, l'éclatement urbain par des lotissement et un phénomène important d'auto-construction de maisons modestes. Cet éclatement urbain dans une commune à la superficie aussi vaste rend sa gouvernance difficile : « Le rapport entre une population aux revenus assez faibles et une surface énorme à entretenir, assainir et équiper, s'amenuise et rend pratiquement impossible la gestion municipale »[38].

Cahots de l'entre-deux-guerres Modifier

En 1938, Marseille connaît le terrible incendie du magasin les Nouvelles Galeries qui cause la mort de 73 personnes et ravage quelques immeubles sur la Canebière. Devant l'ampleur du sinistre, les sapeurs-pompiers de Marseille, mal équipés et mal entraînés se montrent impuissants à éteindre l'incendie. Édouard Daladier qui est présent pour le congrès du Parti radical et logé dans l'hôtel de Noailles faisant face aux Nouvelles Galeries en flammes, déclare : « N'y a-t-il donc personne pour faire régner l'ordre dans cette ville ? ». Le bataillon militaire de marins-pompiers est créé par un décret-loi de juillet 1939 et la ville, ayant par ailleurs de lourds problèmes financiers, est mise sous tutelle et dirigée par un administrateur extraordinaire jusqu'à la Libération en 1944.

Seconde Guerre mondiale Modifier

Fichier:Bundesarchiv Bild 101I-027-1480-30, Marseille, Zerstörung des alten Hafenviertels.jpg

Le 1er , un bombardement allemand cause la mort de 32 Marseillais et en blesse une soixantaine d'autres, le jour même où le bataillon de marins-pompiers, récemment créé, quitte la caserne provisoire de la rue de Lyon et prend possession de celle du boulevard de Strasbourg.

À la suite du débarquement américain en Afrique du Nord, le 11 novembre, les troupes allemandes franchissent la ligne de démarcation et Marseille se retrouve occupée le 12 novembre 1942, comme le reste de la Zone libre. La ville souffre grandement de l'occupation, et en particulier, lors de la Rafle de Marseille, le quartier du Panier au nord du Vieux-Port qualifié de « quartier criminel » par les nazis. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 1943, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées, et deux jours plus tard, le 24 janvier, le général SS Oberg, assisté du préfet René Bousquet, ordonne aux habitants du quartier du Vieux-Port d'évacuer leur domicile dans les deux heures, avec 30 kg de bagages. 30 000 personnes sont expulsées. Dans les deux semaines qui suivent, 1 500 immeubles sont dynamités, laissant un champ de ruines jusqu'à la Libération. Marseille subit également plusieurs alertes aériennes. Le bombardement américain du 27 est particulièrement dévastateur et cause la mort de près de 2 000 personnes, en blessant environ 3 000.

Le 15 août 1944 a lieu le débarquement en Provence. À cette occasion, l'occupant fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur détruit.

Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le lundi 21 août, ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Mais mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens du général de Monsabert qui pénètrent dans Marseille le mercredi 23. Les combats avec l'armée allemande se poursuivent plusieurs jours, jusqu'à la capitulation du général Schaeffer le 28 août. Le 29, le général de Lattre de Tassigny assiste au défilé de l’armée d'Afrique sur la Canebière.

Depuis 1950 Modifier

Après guerre, l'urbanisation de la ville s'accélère, malgré l'indépendance progressive des colonies française qui met à mal l'économie marseillaise. De grands ensembles sont construits dans les Quartiers Nord et une grande place est laissée à la circulation automobile par la construction d'autoroutes jusqu'au cœur de la ville. En 1962, Marseille est le lieu de transit de la majorité des Pieds-Noirs fuyant l'Algérie indépendante. Beaucoup s'installent ensuite dans la ville et sa région.

En 1973, la ville est le théâtre de violences racistes.

En 1977 est mis en service le métro.

XXIe siècle Modifier

À partir des années 1990, Marseille fait l'objet de plans de rénovation urbaine, en particulier Euroméditerranée. De nouvelles infrastructures telle que le tramway, Le Silo ou le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée sont réalisées dans les années 2000 et 2010.

En 2013, Marseille est Capitale européenne de la culture

Géographie Modifier

Topographie Modifier

Fichier:Marseille SPOT 1164.jpg

Située au sud-est de la France, en Provence, Marseille est bordée par la Méditerranée à l'ouest, enserrée par le massif de l'Estaque et le massif de l'Étoile au nord, le Garlaban à l'est, le massif de Saint-Cyr et le mont Puget au sud-est et le massif de Marseilleveyre au sud. De par sa position, Marseille est, par voies express, à 775 km de Paris, 316 km de Lyon, 204 km de Nice, 405 km de Toulouse, 400 km de Gênes, 373 km de Turin[Note 1] et 501 km de Barcelone.

Près de la moitié de la superficie communale est en territoire naturel inconstructible et la ville s'étale sur un territoire extrêmement vaste : Marseille s'étend sur plus de 240,62 km2, ce qui en fait la cinquième commune de la France métropolitaine par sa superficie (2,5 fois plus grande que Paris, 5 fois plus grande que Lyon). Sa densité (3 536 habitants par kilomètre carré) est largement inférieure à des villes entièrement urbanisées telles que Lyon (10 118 hab./km²) ou Paris (21 229 h/km²), comparable à celle de Toulouse (3 735 h/km²) ; toutefois si on prend en compte uniquement sa zone habitable (150 km²), sa densité atteint 5 672 h/km², ce qui est comparable à Lille (6 533 h/km²).

Marseille est une ville très accidentée, avec des rues parfois très pentues : le quartier le plus haut de Marseille, Les Trois-Lucs (12e arrondissement), culmine à 242 m d'altitude. Le point le plus élevé du territoire marseillais est le sommet de l'Étoile à 652 m dans le massif du même nom[39].

Hydrographie Modifier

Fichier:L'Huveaune à Marseille-60.JPG

L'Huveaune et son affluent le Jarret, entièrement recouvert dans la partie urbaine de la ville, sont, avec le ruisseau de la Caravelle qui passe aux Aygalades, les principaux cours d'eau traversant Marseille. L'Huveaune et la Caravelle sont des fleuves côtiers au débits relativement faibles. Le système hydrographique du bassin de la ville est propre au milieu méditerranéen : le débit d'eau est faible mais ses cours d'eau connaissent des crues importantes en cas de pluie. L'eau est très fortement canalisée, souvent à la source même de ces cours d'eau, et irrigue l'ensemble du bassin[40]. Dans le cas des cours d'eau marseillais, ceux-ci sont ré-alimentés en eau par le trop-plein du canal de Marseille.

Depuis plus de dix ans l'Huveaune, juste après le point de confluence avec le Jarret, est déviée vers la station d'épuration des eaux de Marseille car son embouchure polluait les plages de la ville. L'eau traitée est ensuite rejetée au sud de la ville, dans les Calanques, par l'émissaire de Cortiou.

Marseille est alimentée en eau potable à 75 % par le canal de Marseille (eaux de la Durance) et à 25 % par le canal de Provence (eaux du Verdon).

Mer Modifier

La commune de Marseille a une façade maritime de 57 kilomètres dont 24 kilomètres de calanques.

Les calanques de Marseille s'étendent sur plus de vingt kilomètres de côtes sur la mer Méditerranée entre le village des Goudes, au sud-ouest de la ville, et Cassis. C'est un des sites les plus remarquables de France et une zone majeure de ressources naturelles et d'activités sportives. Les calanques comptent un million de visiteurs par an.

À l'issu d'un processus entamé en 1999, un Parc national des calanques a été créé en 2012[41], afin d'en protéger le patrimoine naturel en terre et sur mer. Il regroupe un territoire de 11 100 hectares sur terre, entre les communes de Marseille, Cassis et La Ciotat, et 141 300 hectares en mer[42]. C'est le premier parc national périurbain d'Europe.

Les principales plages sont les plages du Prado, Les Catalans, la Pointe Rouge, la plage du Prophète. Les plages du Prado, officiellement plages Gaston Deferre, ont été aménagées par les remblais obtenus par le creusement des tunnels du métro.

Marseille compte également près de 100 sites de plongée sous-marine[43], les plus renommés étant l'archipel de Riou, l'archipel du Frioul et l'île de Planier.

Sismicité Modifier

Si la région Provence-Alpes-Côte d'Azur comporte des zones à risques sismiques, en particulier dans les régions de Nice et d'Aix-en-Provence, les risques semblent négligeables pour Marseille[44].

Climat Modifier

Fichier:Mistral sur le Frioul.JPG

Le climat de Marseille est typiquement méditerranéen. La ville bénéficie d'une durée exceptionnelle d'ensoleillement, avec plus de 2800 heures de soleil par année, notamment grâce au mistral, qui souffle en moyenne 93 jours par an. Il y a en moyenne 525 mm de précipitations par an – elles sont les plus faibles de France au sein de la rade marseillaise, moins de 300 mm par an sur l'île Pomègues[45] – et 81 jours de pluie (dont 39 dépassant 2,5 mm) principalement en automne-hiver. La température moyenne à Marseille est de 15,9 °C.

Malgré un climat généralement clément, des épisodes extrêmes sont enregistrés. Ainsi, le thermomètre a atteint -16,8 °C le 12 février 1956 et +39,7 °C le 26 juillet 1983[46]. Le 19 septembre 2000 et le 1er décembre 2003 on a mesuré plus de 200 mm de pluie en 24 heures. Le 14 janvier 1987[47] et le 7 janvier 2009 on a mesuré plus de 10 cm de neige, ce qui a complètement paralysé la ville[Note 2],[48].

De fait du relief, de fortes disparités climatiques peuvent exister entre les quartiers. Plus on se rapproche des massifs du nord de la ville et plus on s'enfonce dans les terres, plus le climat se radicalise avec des étés plus chauds et des hivers plus froids. "Il est fréquent de mesurer des écarts de 4 à 5° entre les quartiers sud et les quartiers nord. Les précipitations sont également plus importantes au nord de Marseille, les massifs retenant naturellement les nuages. Cependant, ces massifs « cassent » un peu le mistral, et celui-ci est moins sensible à proximité directe des montagnes."

20px  Relevés des précipitations et heures d'ensoleillement Marseille-Marignane 1961-1990[49],[50]
MoisJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.Total année
nombre moyen d'heures d'ensoleillement 150 155,5 215,1 244,8 292,5 326,2 366,4 327,4 254,3 204,5 155,5 143,3 2835,5
Température moyenne de l'eau de mer(C°) 14 15 15 15 16 18 24.5 25 23 19 17 13 18
nombre de jours de pluie >=0,1 mm 9 8 8 8 7 6 3 4 6 8 8 9 84
nombre de jours de pluie >=1 mm 6,5 6 5,5 5,3 4,9 3,5 1,6 3 3,6 5,8 5,1 6 59
20px  Relevé météorologique de Marseille (75 m) 1981-2009
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,6 4,8 7,1 9,5 13,4 16,8 19,6 19,3 16,1 13 8,2 5,5 11,5
Température moyenne (°C) 8,2 8,8 11,5 14,1 18,2 21,9 24,8 24,4 20,8 17 11,8 8,9 15,9
Température maximale moyenne (°C) 11,8 12,7 15,9 18,7 23,1 26,9 30 29,4 25,5 21 15,4 12,3 20,3
Précipitations (mm) 49,9 31,5 30,2 51,4 38,7 21,8 7,8 30,3 76,1 78,4 56,8 52,8 525,6
Source : Relevés météorologique de Marseille (75m) en °C et mm, moyennes mensuelles[51]


20px  Relevés des phénomènes météorologiques : Marseille-Marignane 1961-1990[52],[53].
MoisJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.Total année
nombre de jours de brouillard 2,1 1,4 0,9 0,3 0,2 0 0,1 0 0,7 1,3 1,7 2,3 10,9
nombre de jours d'orage 0,6 0,9 1,0 1,2 2 2,6 1,7 2,9 2,7 2,5 1,5 0,7 20,2
nombre de jours de neige 0,8 0,4 0,1 0 0 0 0 0 0 0 0,2 0,7 2,3
nombre de jours de gel 9,1 5,7 1,8 0 0 0 0 0 0 0 2,1 7,1 25,8
nombre de jours de vent >=57,6 km/h 10,7 8,2 10,4 11,1 5,8 7,0 8,5 6,1 6,7 8,0 8,7 9,1 100,3
nombre de jours de vent >=100,8 km/h 1,0 0,9 1,3 0,9 0 0,3 0,3 0 0,1 0,3 0,8 0,7 6,6

Communes limitrophes Modifier

Population et société Modifier

Démographie Modifier

Après une grave crise dans les années 1970 et 1980 qui a vu la population passer de plus de 900 000 à moins de 800 000 habitants (malgré un solde naturel assez positif), la population augmente de nouveau à partir des années 2000[54].

Avec plus de 850 000 habitants, Marseille est la 2e commune de France. Son unité urbaine est également la 2e du pays (après Paris et devant Lyon) avec 1 560 343 habitants (2008), incluant Aix-en-Provence au nord, Istres, Martigues et Vitrolles à l'ouest et Aubagne à l'est. L'aire urbaine de Marseille est la 3e de France après celle de Paris et juste en dessous de celle de Lyon. L'agglomération marseillaise a même récemment absorbé la commune de Saint-Zacharie, qui fait partie du Var. En revanche, La Ciotat, qui fait partie de la communauté urbaine de Marseille, a été absorbé par l'unité urbaine de Toulon.

Modèle:Section démographie d'article de commune de France

Pyramide des âges de la ville de Marseille en 2009[55] 

Modèle:Pyramide des âges

Immigration

En 2008, la ville compte 108 392 immigrés soit 12,7 % de sa population (dont 2,2 % nés en Europe et 10,5 % nés hors d'Europe, principalement au Maghreb)[56]. Par ailleurs, en 1999, 41,8 % des jeunes de moins de 18 ansavaient au moins un parent immigré (dont 23 % d'origine maghrébine, subsaharienne ou turque)[57]. Cette proportion dépassait les 50 % (dont 40 % d'origine maghrébine) en 2005 dans les trois premiers arrondissements de la ville[58],[59].

De fortes inégalités Modifier

Fichier:Larouvieremarseille.jpg

Avec un coefficient de Gini de 0,436, Marseille est une des villes les plus inégalitaires de France[60].

D'un côté, 28 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, la moitié des foyers ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu et plus de 80 % de la population est éligible à un logement social. De l'autre côté, 6 635 contribuables sont soumis à l'impôt de solidarité sur la fortune avec un patrimoine moyen de 1,73 million d'euros. Ces inégalités se sont aggravées récemment : en 2010, l'échelle de revenu était de 1 à 10, elle est de 1 à 14 en 2012[61].

Par ailleurs, la part des retraites, pensions et bénéfices[Note 3] dans le revenu déclaré est plus élevée que dans les autres grandes villes françaises, et celle des salaires plus faible (60,9 % contre 64,1 % pour l'ensemble de la France métropolitaine).

Géographiquement, la population la plus riche se trouve principalement au sud et à l’est de la ville : le revenu médian par unité de consommation y dépasse les 19 500 euros. Le 8e est l'arrondissement le plus aisé, avec 22 718 euros, suivi par le 7e (20 853 euros), le 12e (20 080 euros), et le 9e (19 898 euros).

À l'inverse, le nord et le centre de la ville sont plus pauvres. Le 3e arrondissement est le plus pauvre de toute la ville, avec 7 316 euros de revenu fiscal médian, soit à peine le tiers de celui du 8e arrondissement. Plus de 37 % de sa population bénéficie de la CMU complémentaire contre moins de 5 % dans le 8e arrondissement. Les ménages du 2e arrondissement sont à peine moins pauvres, en approchant les 9 000 euros de revenu médian. Ceux des 1er, 14e et 15e sont inférieurs à 10 000 euros. Les 13e et 16e arrondissements regroupent à la fois des zones pauvres et d'autres plus favorisées plus disparates[Note 4].

Ces contrastes se retrouvent dans le taux de personnes non-diplômées : en 2006 il s'élève à 25,27 % pour la ville (contre 19,5 % pour la France métropolitaine)[62] mais dans les 3e, 14e et 15e arrondissements, il dépasse les 40 %. Le taux de diplômé du supérieur atteint dépasse les 20 % dans les 1er, 6e, 7e et 8e arrondissements mais s'établit à moins de 5 % dans les 3e, 14e et 15e.

De même pour le chômage : au recensement de 2006, le taux de chômeur s'élève à plus de 30 % dans les 2e et 3e arrondissements, plus de 25 % dans les 1er et 15e, plus de 20 % dans les 14e et 16e[63].

Marseille, ville d'immigrations Modifier

Ville portuaire, Marseille est depuis longtemps une ville de passage et d'installation pour des gens venus d'ailleurs. Dès l'Antiquité, elle abrite des minorités d'étrusques, ligures, celtes, salyens, romains.

Parmi les premières migrations de l'époque contemporaine, des Mameluks sont ramenés d'Égypte par Napoléon et s'installent dans le quartier du port. En 1815, ils sont victimes de violences qui font une douzaine de morts[64].

À partir du milieu du XIXe siècle, l'extension du port vers le nord et la construction de la voie ferrée du PLM a lieu avec l'aide de la main-d'œuvre italienne. Marseille est alors déjà une ville avec une forte minorité étrangère : en 1851, sur 200 000 habitants, on compte environ 16 000 Italiens. Marseille abrite également des Espagnols, Grecs, Maltais, Levantins. Les étrangers représentent alors plus de 10 % de la population[64].

60 ans plus tard, on dénombre à Marseille des Espagnols et, pour la première fois, des Algériens. Mais les Italiens sont de loin les plus nombreux. En 1914, 20 % des habitants de la ville sont italiens. Ils habitent principalement près du port et travaillent dans toutes les industries[64].

La Première Guerre mondiale amène à Marseille des réfugiés venus du nord (Belgique, Alsace-Lorraine) et on commence à faire appel à des « travailleurs coloniaux », venus d'Algérie et d'Indochine française. Après la guerre, les besoins de la reconstruction font que l'immigration à Marseille reste importante. En 1931, on dénombre 199 000 étrangers sur 803 000 habitants, auxquels il faut ajouter les immigrés précédemment arrivés et naturalisés. En plus des Italiens, on dénombre également de nombreux Espagnols et des Arméniens, arrivés à Marseille après le génocide. À partir de 1920, on compte également de nombreux Corses qui s'établissent dans les quartiers traditionnels d'immigration, le Panier et la Porte d'Aix[64].

À partir des années 1960, la reprise économique favorise une importante immigration algérienne. En 1962 la ville accueille les Pieds-Noirs : Marseille est le lieu d'arrivée et de transit de la quasi-totalité des rapatriés, dont une partie s'établissent définitivement dans la ville et sa région. L'arrivée des Juifs d'Algérie modifie d'ailleurs grandement la communauté juive de Marseille[64].

Ces vagues migratoires successives font partie de l'identité de la ville, « fière de son identité multiculturelle fédératrice, qui est louée dans le discours médiatique »[65].

Les vagues d'immigrations successives ne résultent toutefois pas en un métissage : « Les minorités intégrées sont restées fortement structurées autour de leurs références successives. »[66] Marseille est également sujette périodiquement à des poussées de violences xénophobes, telles les Vêpres marseillaises de 1881 contre les Italiens, ou les Ratonnades de 1973 envers les Algériens. Le Front national réalise régulièrement de bons scores à Marseille, jusqu'à 30 % lors des dernières élections cantonales par exemple.

Religions Modifier

Christianisme Modifier

La christianisation de Marseille est très ancienne : la présence de chrétiens est confirmée dès le IVe siècle. Une nécropole paléochrétienne a existé sur la rive sud du Vieux-Port et Saint-Victor est martyr dans la ville en 303.

Catholiques

L'archidiocèse de Marseille est l'un des vingt-trois archidiocèses de France. Diocèse depuis le IVe siècle, le siège de Marseille a été érigé en archidiocèse en 1948. L'archevêque actuel est Modèle:Mgr Georges Pontier. En 2008, la ville compte 116 paroisses catholiques.

Orthodoxes

Marseille est un des trois diocèses français de l'Église apostolique arménienne et compte une cathédrale et sept églises arméniennes. À l'Église Saint-Cannat, la liturgie est célébrée par l'Église orthodoxe roumaine. L'Église de la Dormition de la Mère de Dieu est une Église grecque, "c'est la plus ancienne de toutes les églises orthodoxes de France, ouverte aux fidèles en 1845." La ville compte également une église copte orthodoxe et deux églises russes orthodoxes.

Protestants

Marseille compte quatre paroisses de l'Église réformée de France[67], dont le temple protestant de Marseille-Grignan inauguré en 1825. La ville compte également des églises évangéliques et une église anglicane.

Islam Modifier

Il y aurait à Marseille environ 200 000 musulmans, dont 70 000 pratiquants[68].

La ville compte une demi-douzaine de mosquées et une soixantaine de salles de prière. Ces lieux sont toutefois insuffisants pour accueillir tous les pratiquants. Une Grande mosquée doit être construite dans le quartier Saint-Louis, mais le projet a pris du retard[69].

Une étude de 2011 réalisée par l'Open Society Institute[70] a par ailleurs pointé que les musulmans marseillais faisaient face à de « grandes inéquités en matière d'éducation, d'emploi et de logement[Note 5] ».

Judaïsme Modifier

La ville possède 40 synagogues[71], la principale étant la Grande synagogue de Marseille.

Autres Modifier

Les Témoins de Jéhovah disposent de quatre « salles du Royaume ». L'Église mormone et l'Église néo-apostolique comptent chacune une paroisse à Marseille. Il existe également une pagode bouddhiste.

Marseille Espérance Modifier

« Marseille Espérance » est un regroupement informel de leaders spirituels des différentes communautés religieuses de la ville créé sous l'impulsion de Robert Vigouroux en 1990 et engagé sous l'égide du Maire de Marseille dans un dialogue d’ordre social et culturel sur la gestion de la ville.

Politique Modifier

Paysage politique Modifier

Histoire politique Modifier

Article détaillé : Liste des maires de Marseille.
Fichier:Gaston Defferre.jpg

Ville industrielle, Marseille est très tôt un territoire d'implantation du socialisme en France : Clovis Hugues y est élu premier député d'un parti ouvrier en France en 1881 et Siméon Flaissières, le premier maire socialiste de la ville, est élu en 1892.

Durant la majeure partie du XXe siècle, Marseille est acquise à la gauche. Après la Libération, la SFIO et le Parti communiste sont les deux principales forces politiques de la ville et le socialiste Gaston Defferre s'allie un temps à la droite contre les communistes pour conquérir la mairie. Il l'occupe jusqu'à sa mort en 1986.

La domination de la gauche s'estompe progressivement à partir des années 1980. Aux élections de 1983 déjà, Gaston Defferre recueille moins de voix que son adversaire de droite Jean-Claude Gaudin et n'est réélu qu'à la faveur du découpage électoral. Robert Vigouroux succède à Gaston Defferre après son décès ; il est largement élu aux élections de 1989, remportant l'ensemble des secteurs en tant que dissident socialiste. En 1995, Jean-Claude Gaudin est élu maire et fait basculer la ville à droite pour la première fois depuis 1953. Il est réélu en 2001 et 2008. Ce basculement se produit également lors des scrutins nationaux : le candidat de droite arrive en tête à Marseille lors du second tour des élections présidentielles en 1995, 2002 et 2007.

Les scrutins à Marseille sont également caractérisés par un fort vote protestataire : en 1981, Georges Marchais y arrive en tête au premier tour, ainsi que Jean-Marie Le Pen en 1995 et 2002.

Géographie électorale Modifier

Fichier:Marseille secteurs08.jpg

Le vote à Marseille est géographiquement divisé.

Le nord de la ville (2e, 3e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements) est globalement acquis à la gauche. Les bastions communistes, comme la Belle de mai, y ont été progressivement remplacés par le vote socialiste dans les années 1990 et 2000.

Le sud, à l'inverse, est dominé par la droite (6e, 9e et 10e arrondissements). Les quartiers est (11e et 12e arrondissements), longtemps socialistes, ont récemment basculé à droite à la faveur de la désindustrialisation de la Vallée de l'Huveaune et de changements sociologiques.

Le grand centre ville (1er, 4e, 5e et 7e arrondissements) est actuellement l'objet des batailles électorales les plus serrées, comme lors des dernières élections municipales et législatives.

L'extrême-droite réalise ses meilleurs scores dans l'est de la ville et les Quartiers nord, notamment les 13e et 14e arrondissements.

Administration Modifier

Secteurs, arrondissements et quartiers Modifier

Fichier:SecteursMarseille.svg

Marseille est l'objet de la loi PLM et est, comme Paris et Lyon, découpée en arrondissements. Ceux-ci sont au nombre de 16 et sont regroupés par deux en 8 secteurs. Chaque secteur dispose de son conseil et de son maire de secteur.

Chaque secteur élit donc ses conseillers (303 au total), dont un tiers siège également au conseil municipal et élisent le maire de la ville :

Nombre de conseillers élus par secteur
Secteur 1 2 3 4 5 6 7 8 Total
Conseillers de secteur 22 16 22 30 30 26 32 24 202
Conseillers municipaux 11 8 11 15 15 13 16 12 101
Nombre total d'élus 33 24 33 45 45 39 48 36 303

Les 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements sont généralement considérés comme formant les Quartiers nord.

Les arrondissements sont également subdivisés en quartiers officiels, au nombre de 111.

Justice, sécurité et défense Modifier

Marseille est le siège d'un tribunal de grande instance, d'un tribunal d'instance, d'un tribunal de commerce, d'un tribunal de police, d'un conseil de prud’hommes, d'un tribunal administratif et d'une Cour administrative d'appel de Marseille. La Cour d'appel se trouve à Aix-en-Provence.

La circonscription de sécurité publique de Marseille[Note 6] détient pour l'année 2008 le 13e plus fort taux de délinquance (sur plus de 400 circonscriptions métropolitaines) avec un taux de faits de délinquance constatés de 114,04 pour 1000 habitants, soit pratiquement le double de la moyenne nationale[72]. Parmi ces faits, les vols avec violence (en particulier contre les femmes) ainsi que les vols à la tire dépassent de très loin la moyenne nationale alors qu'au contraire les homicides et vols à main armée sont inférieurs à la moyenne nationale. Les règlements de comptes entre gangs sont une composante de la criminalité marseillaise. En 2011, selon la préfecture, 15 règlements de comptes ont été recensés à Marseille faisant 23 victimes dont 13 décédées[73]. Cette situation a poussé le gouvernement en 2012 à doter les Bouches-du-Rhône d'une Préfecture de police de plein exercice, la seule de France avec Paris.

Marseille abrite la prison des Baumettes, construite en 1934. En 2006, les conditions de vie de ce centre pénitentiaire ont été jugées choquantes[74] et en 2012 le Contrôleur général des lieux de privation de liberté y dénonce une « une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté »[75].

Marseille est le siège de l'état-major d'une circonscription militaire de défense, de l'état-major zonal de la Gendarmerie nationale et de l'escadron de gendarmerie mobile 11/6. Y sont stationnés l'état-major de force n° 3, le commissariat de l'armée de terre de Marseille et le groupement de soutien de la base de défense expérimentale de Marseille, le 4e régiment de dragons, le Modèle:72e bataillon d'infanterie de marine, le 3e groupement logistique du commissariat de l'armée de terre. Marseille abrite également l'Hôpital d'instruction des armées.

Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille est le corps de pompiers de Marseille. Il s'agit d'une unité de la Marine nationale composée de 2 450 personnes créée en 1939 à la suite de l'incendie des Nouvelles Galeries qui fit 73 morts l'année précédente. Il remplace le Bataillon de sapeurs-pompiers de Marseille, dissout à la suite de la catastrophe. Les marins-pompiers de Marseille sont commandés par un vice-amiral qui agit selon les directives du maire.

Jumelages et partenariats Modifier

Marseille est jumelée avec quatorze villes[76] et a également signé des pactes d'amitié et de coopération avec vingt-neuf villes de par le monde[77].

  • Jumelages
Année Ville Pays
1958 Abidjan Modèle:Côte d'Ivoire
1958 Anvers Modèle:Belgique
1958 Copenhague Modèle:Danemark
1958 Gênes Drapeau d'Italie Italie
1958 Haïfa Modèle:Israël
1958 Hambourg Drapeau d'Allemagne Allemagne
1961 Kōbe Drapeau du Japon Japon
1968 Dakar Modèle:Sénégal
1972 Odessa Modèle:Ukraine
1984 Le Pirée Modèle:Grèce
1987 Shanghai Drapeau de Chine Chine
2004 Marrakech Modèle:Maroc
2006 Glasgow Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
2007 Nador"{{{1}}}" Modèle:Maroc
2010 Bruxelles Modèle:Belgique
  • Accords de coopération
Ville Pays
Agadir Modèle:Maroc
Alexandrie Modèle:Égypte
Alger Modèle:Algérie
Bamako Modèle:Mali
Barcelone Modèle:Espagne
Beyrouth Modèle:Liban
Le Cap Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Casablanca Modèle:Maroc
Erevan Modèle:Arménie
Gdansk Modèle:Pologne
Ville Pays
Istanbul Drapeau de Turquie Turquie
Izmit Drapeau de Turquie Turquie
Jérusalem Modèle:Israël
Limassol Modèle:Chypre
Lomé Modèle:Togo
Lyon Drapeau de la France France
Meknes Modèle:Maroc
Montevideo Modèle:Uruguay
N'Djamena Modèle:Tchad
Nice Drapeau de la France France
Ville Pays
Nîmes Drapeau de la France France
Rabat Modèle:Maroc
Sarajevo Modèle:Bosnie-Herzégovine
Sousse Modèle:Tunisie
Thessalonique Modèle:Grèce
Tirana Modèle:Albanie
Tripoli Modèle:Liban
Tunis Modèle:Tunisie
Varna Modèle:Bulgarie

Économie Modifier

Ville portuaire Modifier

Fichier:Port Autonome de Marseille.JPG
Fichier:Vieux port de Marseille.JPG

Marseille a de tout temps été une ville tournée vers la mer et le port a joué et joue encore un rôle de premier plan dans l'histoire de la ville.

Longtemps concentrées dans le Vieux-Port, les activités portuaires ont été étendues au nord par la construction du port de La Joliette au XIXe siècle puis jusqu'à Port-Saint-Louis-du-Rhône au XXe siècle. Actuellement, le Grand port maritime de Marseille traite annuellement 100 millions de tonnes de marchandises (dont 60 % d'hydrocarbures), ce qui en fait le premier port français et méditerranéen et le quatrième port en Europe[78]. Toutefois la croissance du trafic de conteneurs depuis 1990 a été très faible comparativement à ses principaux concurrents méditerranéens, sa part de marché passant de 18,6 % en 1989 à 5,5 % en 2006[79],[80]

Marseille est également le premier port de croisière de France. 950 000 croisiéristes étaient attendus en 2012. En 2004, 1,8 million de passagers ont transité par Marseille, essentiellement vers la Corse et l'Afrique du Nord.

Marseille, qui figure dans les trois premiers complexes de plaisance d'Europe, compte quatre ports de plaisance importants :

  • le Vieux-Port (3 200 places à quai avec 6 mètres de tirant d'eau)
  • la Pointe Rouge (1 200 places à quai avec un tirant d'eau de 4 à 6 mètres)
  • Le Frioul (650 places à quai dont 150 anneaux réservés aux plaisanciers de passage)
  • l'Estaque (1 500 places dont 145 pour la plaisance).

Marseille est un des principaux ports de pêche de la côte méditerranéenne française. Cependant, les pêcheurs se sont raréfiés ces dernières décennies : pour tout le quartier maritime de Marseille, on ne compte plus que 260 marins pour 125 navires pratiquant une pêche traditionnelle. Les apports annuels sont d'environ 1 000 tonnes.

Industries Modifier

Entre le XVIIe siècle et le XXe siècle, Marseille était une importante ville industrielle, produisant notamment du savon, des tuiles et de la céramique, des produits alimentaires, huiles ou pâtes, de la construction navale.

Toutefois, la fin des colonies, la crise de l'industrie française ont grandement affecté le secteur industriel de Marseille. En mars 2009 la fermeture de l'Union Naval Marseille marque probablement la fin de la filière de la réparation navale à Marseille, qui employait encore plus de 6 000 personnes il y a trente ans[81].

Marseille compte trois sites classés Seveso[82].

Commerces Modifier

Le Centre Bourse, ainsi que la rue Saint-Ferréol, la rue de la République, la rue de Rome et le bas de la rue Paradis constituent le cœur commercial de Marseille avec desboutiques de vêtements, chaussures et mode pour l'essentiel. Marseille compte deux centres commerciaux importants à la Valentine et Grand Littoral ; plusieurs autres sont en travaux à la Joliette et la Capelette[83]. Le Vieux Port, le Cours Julien et les alentours des plages du Prado concentrent de nombreux restaurants.

Grandes entreprises Modifier

Parmi les sociétés de renommée dont le siège est à Marseille, on trouve :

  • CMA-CGM (l'un des leaders mondiaux du transport maritime),
  • la Comex (explorations sous-marines),
  • les Eaux de Marseille (quatrième groupe français dans le secteur de l'eau),
  • ONET (numéro 1 national du nettoyage),
  • Pernod Ricard (deuxième groupe mondial des spiritueux)
  • la Sodexo, qui est le leader mondial des services de restauration.
  • la SNCM (compagnie de navigation qui a en particulier assuré jusqu'à présent la continuité territoriale avec la Corse),
  • le Groupe Snef (génie électrique et climatique).

Marché du travail Modifier

En 2008, sur les 300 831 Marseillais ayant un emploi, 257 794 travaillaient dans la commune, 36 929 dans une autre commune du département, 2 693 dans une autre commune de la région, 3 086 dans le reste de la France métropolitaine[84].

Parmi ceux qui détenaient un emploi à temps complet à Marseille en 2008, 75,7 % avaient un contrat à durée indéterminée (y compris les titulaires de la fonction publique), 9,4 % étaient en contrat à durée déterminée, 6,3 % travailleurs indépendants, 3,8 % étaient employeurs, 1,6 % étaient apprentis, 1,5 % étaient intérimaires, 1,1 % en autres contrats aidés, 0,5 % stagiaires rémunérés[85].

Le nombre d'emplois dans la commune est passé de 297 830 en 1999 à 338 530 emplois en 2008[86], dont 80 736 occupés par des travailleurs habitant hors de la commune.

En 2006, 215 465 habitants – soit plus du quart de la population – vivaient en zone urbaine sensible (dont plus de la moitié de la population de chacun des 1er, 2e, 14e, 15e et 16e arrondissements)[87]; sur les seize arrondissements seuls les 4e, 5e, 7e et 8e arrondissements ne comportent aucune partie de zone urbaine sensible[87].

Marseille est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence (membre de la Chambre régionale de commerce et d'industrie Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse) qui gère l'aéroport Marseille Provence à Marignane[88].

Transports Modifier

Transports en commun Modifier

Fichier:Marseille-tram-Longchamp09.jpg
Fichier:Marseille Metro 1 Rame station La Fourragere.jpg
Fichier:Le Vélo (Marseille).jpg

La Régie des transports de Marseille (RTM), régie publique, gère les transports urbains au sein de l'organisme Transmétropole de la Communauté urbaine.

Réseaux Modifier

Marseille compte environ 90 lignes de bus qui desservent l'ensemble de la ville ainsi qu'Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes-les-Vallons sur un réseau de 913 km. Ces lignes fonctionnent de 5h à 22h. À partir de 21h30 et jusqu'à 1h, le réseau est desservie par une dizaine de lignes de nuit appelées « Fluobus ». Les parcours et la numérotation des lignes de bus reprennent encore en grande partie ce qu'étaient le réseau de l'ancien tramway de Marseille presque entièrement supprimé à partir des années 1960. Des trolleybus ont circulé à Marseille jusqu'en 2004, où ils ont été remplacés par des bus classiques.

En raison de l'étendue de la ville est des difficultés de circulation, la vitesse moyenne des bus de Marseilles est relativement lente, à 11 km/h. Un dispositif de vidéo-verbalisation est mis en place afin de libérer les voix de bus du stationnement et améliorer la fluidité du trafic des autobus[89].

Le réseau de métro comporte deux lignes représentant 21,5 km et 28 stations. La première ligne a été ouverte en 1977, la dernière extension date de 2010. Le métro circule jusqu'à 22h30 du lundi au jeudi et jusqu'à 0h30 du vendredi au dimanche. À la suite de pressions de la part d'élus et d'usagers, le métro fonctionnera tous les jours jusqu'à 1h30 à partir d' à l'occasion de la Capitale européenne de la culture[90].

Le tramway compte deux lignes totalisant 11,5 km et 28 arrêts. Le réseau a été ouvert en 2007 et fait encore l'objet de travaux d'extensions.

Le système de vélopartage Le Vélo a été mis en place en 2007. Il comporte 130 stations, situées principalement en centre ville, et actives de 6h à minuit.

De mars à septembre 2012, un service de navette maritime a été testé entre le Vieux-Port et la Pointe Rouge. Vif succès, le service reprendra en avec une nouvelle ligne vers L'Estaque.

Fichier:Ligne du ferry boat.JPG

Billettique et tarification Modifier

La carte sans contact Transpass a été mise en place en 2010. Elle permet de circuler sur l'ensemble du réseau de la Communauté urbaine. Le ticket unitaire Solo utilise un support magnétique.

Le billet unitaire est vendu 1,50 € auprès des distributeurs automatiques ou les commerçants et 1,80 € à bord des bus. L'abonnement annuel de base est de 434 € et permet d'accéder à l'ensemble du réseau, qui ne comporte pas de zones de tarification. Pour Marseille-Provence 2013, un Pass transport 2013 a été créé qui permet d'emprunter l'ensemble des réseaux des Bouches-du-Rhône[91].

Gare routière Modifier

La principale gare routière de Marseille est située à Saint-Charles. Elle est exploitée par la RTM et accueille la majorité des autocars desservant les Bouches-du-Rhône (Cartreize), la région PACA (LER Provence-Alpes-Côte d'Azur) ou l'Europe (Eurolines) ainsi qu'une navette vers l'Aéroport de Marignane.

Ferry-boat Modifier

Le ferry-boat permet de traverser le Vieux-Port de Marseille de l'Hôtel de Ville à la Place aux Huiles. Cette ligne, mise en service en 1880, est parfois considérée comme la plus courte liaison maritime commerciale du monde, avec 283 mètres. Elle est exploitée depuis 2010 par un ferry électro-solaire et a un usage principalement touristique.

Chemins de fer Modifier

La Gare de Marseille-Saint-Charles, aboutissement de la ligne Paris-Lyon-Marseille, est inaugurée en 1848. La gare devient alors et pendant longtemps le point de passage obligé des voyageurs vers l'Afrique ou le Moyen Orient. L'électrification de la ligne est achevé en 1962. L'ouverture de la LGV Sud-Est en 1981 signe l'arrivée du TGV. La ligne est prolongée en 2001 par la LGV Méditerranée, qui met Paris à trois heures de Marseille.

La gare Saint-Charles est également le terminus de la ligne de Marseille à Vintimille et accueille le trafic TGV vers l'ouest et le nord de la France, et Intercités du sud-ouest via Montpellier et vers la Savoie et la Suisse via Grenoble. Elle est également au cœur du réseau de Transport express régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (TER) dont la ligne vers Aix-en-Provence a été récemment rénovée et celle vers Toulon est en train d'être triplée.

Marseille est également desservie par dix autres gares dont les plus importantes sont celles de la Blancarde et de L'Estaque.

Routes Modifier

Fichier:Marseille Autoroutes.svg

Marseille est le point d'aboutissement sud de la grande transversale nord-sud constituée par les autoroutes A1, A6 et A7 reliant Lille à Marseille via Paris et Lyon, ainsi que de toutes les autoroutes affluentes, dont l'A9/A54 en provenance de Nîmes, et l'A51 d'Aix-en-Provence. L'Autoroute Nord est ainsi la principale porte d'entrée routière de la ville : elle traverse tout le nord de la ville et aboutit en centre-ville, à la Porte d'Aix.

Deux autres autoroutes pénètrent dans Marseille :

La jonction de ces deux autoroutes s'effectue par le tunnel sous le Vieux-Port et l'ensemble constitue une traversée de la ville quasiment sans arrêt.

L'A507, dite L2, est un semi-périphérique en construction depuis de nombreuses années. Elle doit relier l'Autoroute Nord à l'Autoroute Est en traversant le 12e arrondissement, mais le chantier est en suspens.

Les anciennes nationales 8 (route de Marseille) et 113 par lesquelles on accédait à Marseille depuis le nord n'ont plus qu'un intérêt local et ont été déclassées en départementales. Trois autres routes rayonnent à partir de la ville : la D568 (ex-N568, la route du Rove) au nord-ouest, la D908 (ex-N8bis) au sortie nord-est et la D559 (ex-N559, route de la Gineste). Toutes trois sont sinueuses et ont un profil accidenté, mais sont largement utilisées pour les trajets domicile-travail des habitants des banlieues qu'elles desservent (Côte bleue, bassin de Valdonne-Fuveau, Cassis).

Desserte aérienne Modifier

Fichier:Entrée aeroport Marseille.jpg

L'aéroport international de Marseille-Provence se situe à 25 kilomètres du centre de Marseille, sur la commune de Marignane, au bord de l'étang de Berre. C'est le troisième aéroport de province[92]. Il a accueilli en 2012 8,3 millions de passagers et plus de 53 000 tonnes de fret.

Son trafic est principalement orienté vers Paris, la Corse et l'Afrique du Nord. L'ouverture en de l'aérogare MP2 entièrement consacrée aux compagnies à bas prix a permis de développer le nombre de passagers et de destinations, notamment vers l'Europe.

En plus des liaisons vers Montréal, une liaison vers New York doit ouvrir à l'été 2013.

L'aéroport est desservi par des navettes d'autocars qui le relier à la Gare Saint-Charles et, depuis 2008, par la Gare de Vitrolles-Aéroport-Marseille-Provence.

Liaisons maritimes Modifier

Les liaisons maritimes régulières sont au nombre de 220, la moitié étant vers la Méditerranée, l'Afrique et le Moyen-Orient. Elles relient le port de Marseille à 400 ports de 120 pays différents[93]. Marseille est l'un des principaux points d'accès à la Corse dans le cadre de la continuité territoriale.

Culture Modifier

Architecture Modifier

Fichier:Abbaye Saint-Victor (Marseille).jpg
Fichier:Hôtel de Direction des Docks de Marseille.jpg
Histoire ancienne

La Grotte Cosquer, découverte en 1992, est une grotte ornée paléolithique fréquentée entre -27 000 et -19 000 avant le présent dont l'entrée est située sous la mer.

Peu de traces existent encore de la ville antique. Les plus visibles sont celles du port antique, situé au nord-est de l'actuel Vieux-Port, dans le Jardin des Vestiges. La ville médiévale, quant à elle, a été en grande partie rasée lors de la rafle de 1943. Le Panier, au nord du Vieux-Port et derrière l'Hôtel de Ville, est aujourd'hui la partie la plus ancienne de la ville.

Patrimoine religieux

Marseille compte de très nombreux lieux de culte. Le plus célèbre est la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde, construite sur la colline du même nom par les architectes Henri-Jacques Espérandieu et Henri Révoil de 1855 à 1870 en style romano-byzantin et dominée par une statue en cuivre doré de la Vierge, œuvre du sculpteur Eugène-Louis Lequesne. Autre édifice romano-byzantin, la Cathédrale de la Major dans le quartier de La Joliette, achevée en 1893 sur le site de l'ancienne Major du XIIe siècle dont subsiste le chœur et la travée.

L'abbaye Saint-Victor, dont les parties les plus anciennes datent du XIe siècle, a été construite sur ce qui est peut-être le lieu de culte chrétien le plus ancien de France. L'abbaye a eu une importance considérable dans l'histoire de Marseille et de la Provence.

La Grande synagogue de Marseille a été construite en 1864.

Patrimoine militaire

Des deux forts construits à l'entrée du Vieux-Port par Louis XIV pour surveiller la ville au XVIIe siècle, seul le Fort Saint-Nicolas est encore occupé par l'armée. Le Fort Saint-Jean, dont la tour carré fut construite dès le XVe siècle par René d'Anjou, est aujourd'hui occupé par un musée.

De l'Arsenal des galères qui occupait la rive sud du port, seul subsiste aujourd'hui la capitainerie.

Patrimoine industriel

Marseille garde de nombreuses traces de son histoire industrielle. La manufacture des tabacs, construite en 1868 dans le quartier de la Belle de Mai est, après avoir été longtemps à l'état de friche, occupée par un lieu culturel, les Archives municipales et un Pôle média. Le silo à céréales d'Arenc a été reconverti en salle de spectacle et les immenses docks ont, quant à eux, été entièrement rénovés et convertis en bureaux.

De l'industrie de la savonnerie, seule subsistent trois usines en fonctionnement dans les Quartiers Nord. D'autres usines, parfois en friche, parsème le nord et l'est de la ville.

Bastides

Les bastides sont un élément caractéristique du terroir marseillais. On en recense aujourd'hui encore 254 mais si certaines comme le la Buzine ont été rénovées ou reconverties, beaucoup sont en décrépitude et menacées de destruction[94].

XIXe et XXe siècles

Beaucoup de monuments marseillais ont été construits lors de la seconde moitié du XIXe siècle, alors que la ville était en plein essor économique, en particulier durant le Second Empire. C'est notamment le cas de l'Hôtel de préfecture des Bouches-du-Rhône, du Palais de la Bourse, du Palais Longchamp ou du Palais du Pharo. À la même époque est percée la Rue de la République, ornée de bâtiments haussmanniens et qui relie le Vieux-Port au nouveau port de la Joliette.

La Corniche qui longe la mer au sud du Vieux-Port a été aménagé au XIXe siècle puis élargie de 1954 à 1968. Elle est bordée à l'est de villas du XIXe et accueille également le marégraphe de Marseille construit en 1883.

L'architecte Fernand Pouillon on construit de nombreux bâtiments dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Il fut notamment chargé de la reconstruction du quartier du Vieux-Port détruit durant la rafle ou du Contrôle sanitaire, aujourd'hui reconverti en musée.

Le Corbusier a construit à Marseille sa Cité radieuse (appelée localement « Le Corbusier »).

Musées Modifier

Article détaillé : Liste des musées de Marseille.

Beaucoup de musées de Marseille sont en cours de rénovation à l'occasion de la Capitale européenne de la culture. C'est notamment le cas du Musée d'histoire et des docks romains qui abrite le Jardin des Vestiges ou du Musée de la Faïence transféré au Château Borély.

En 2013 doit également ouvrir le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, musée national d'ethnologie.

Le Palais Longchamp abrite le Muséum d'histoire naturelle et le Musée des beaux-arts. Marseille dispose également d'un Musée d'art contemporain (MAC) et d'un Musée d'archéologie méditerranéenne situé à la Vieille Charité.

Littérature Modifier

Fichier:Edmond Rostand en habit vert 01.jpg

Au fil de son histoire, Marseille a vu naître de nombreux écrivains : Claudius Marius Victor, les moines de Saint-Victor, les troubadours du Moyen Âge des troubadours tel Folquet qui s'illustra dans la Croisade des Albigeois, Jean-Baptiste Germain à l'époque baroque, etc.

Au XIXe siècle, Alexandre Dumas a choisi Marseille comme toile de fond d'une grande partie de son roman : Le Comte de Monte-Cristo et c'est aussi dans cette ville qu'Honoré de Balzac a situé la résidence de la baronne de Macumer dans Mémoires de deux jeunes mariées ou que le père de Modeste Mignon de La Bastie revient avec sa fortune retrouvée dans Modeste Mignon.

Plus récemment, citons Victor Gélu, André Suarès, Edmond Rostand, Antonin Artaud, Tancrède Martel, Saint-Pol-Roux, André Roussin, Louis Brauquier, Gabriel Audisio. Pendant l'occupation nazie, Émile Danoën a publié son premier roman à Marseille puis a mis en scène la ville dans Rue des enfants abandonnés.

Jean-Claude Izzo illustre la ville dans quatre romans noirs. À sa suite de nombreux auteurs de polars social, politique et de talent sont apparus à Marseille, comme Philippe Carrese, Gilles Del Pappas, Maurice Gouiran, Jean Contrucci.

Théâtre et spectacle vivant Modifier

Fichier:DSC 0871TheatreDuGymnase.jpg
Fichier:Marseilles opera house.jpg

Au XIXe siècle et au XXe siècle, Marseille est une ville importante pour le cabaret et le music-hall, comme l'atteste le succès de l'Alacazar où débutent Yves Montand, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Félix Mayol ou encore Fernandel.

Le Théâtre du Gymnase est un théâtre à l'italienne construit dès 1804. L'Opéra de Marseille a été construit en 1920 à la place du Grand-Théâtre de 1786, détruit par un incendie en 1919. L'ancienne criée aux poissons est devenue un théâtre national en 1981. De nombreux autres théâtres existent, notamment le Merlan, le Gyptys, les Bernardines et le Toursky.

Marseille abrite un ballet national depuis 1972.

Musique Modifier

Connue il y a cent ans comme un important lieu du music-hall, Marseille est devenue à partir des années 1980 et 1990 la principale scène du rap en France. Parmi les artistes les plus connus se trouvent IAM, la Fonky Family, Faf Larage, Psy 4 de la rime ou 3e Œil.

Dans des styles différents, Massilia Sound System, Moussu T e lei Jovents et Lo Còr de la Plana s'attachent à faire vivre la langue occitane.

Le Dôme, Le Silo, l'Espace Julien et les Docks des Suds sont les principales salles de concert de la ville.

Cinéma et télévision Modifier

L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, l'un des premiers films de l'histoire diffusé à un large public, a été tourné dans une ville voisine de Marseille, à La Ciotat. Marseille et sa région ont donné naissance à de nombreux acteurs et réalisateurs, notamment Fernandel, Marcel Pagnol et plus récemment Robert Guédiguian et Ariane Ascaride.

Récemment, Marseille est devenue la deuxième ville de France la plus filmée : elle a accueilli plus de 1200 tournages en dix ans[95]. C'est également à Marseille que se tourne la série Plus belle la vie, dans les studios de la Belle de mai.

Marseille est doté de neuf cinémas. Elle accueille le Festival international du documentaire de Marseille, l'un des principaux festivals mondiaux de documentaires.

Médias Modifier

Marseille abrite les sièges de France 3 Provence-Alpes, La Chaîne Marseille télévision locale d'informations et OM TV, chaîne officielle de l'Olympique de Marseille.

France Bleu Provence, la radio régionale de Radio France, est la 3e radio en nombre d'auditeurs et la 2e en part d'audience, avec 98 100 auditeurs à Marseille (9,9 % d'audience cumulée et 10,2 % de part d'audience). Parmi les radios locales : Radio Grenouille, Radio dialogue, Radio Star.

Le principal quotidien régional diffusé à Marseille est La Provence, issu de la fusion du Provençal et du Méridional, propriété depuis 2013 du Groupe Hersant et de Bernard Tapie. La Marseillaise est un quotidien fondé en 1943 par le Parti communiste. 'le Ravi, journal satirique, et CQFD sont également publiés à Marseille. La rédaction française du magazine de musique Rolling Stone se situe à Marseille.

Festivals Modifier

Marseille accueille tout au long de l'année de nombreux festivals dans des domaines variés, notamment :

En 2013, Marseille et sa région sont Capitale européenne de la culture. L'Europride 2013 aura également lieu à Marseille.

Cuisine et gastronomie Modifier

Fichier:Espadon Ratatouille.JPG

Les spécialités culinaires de Marseille sont nombreuses, parmi lesquelles l'aïoli (sauce à base d'ail et huile d'olive) qu'on sert avec des légumes, la tapenade (tapena en occitan : préparation à base de câpres, d'anchois et d'olives broyées), bouillabaisse (plat à base de poissons de roche, de sauces et de légumes), la panisse (galette de farine de pois chiche), la navette (biscuit dur et aromatisé à la fleur d'oranger en forme de barque), la pompe, la fougasse ou encore les pieds et paquets, préparés avec des tripes de mouton, des pieds de mouton et du lard.

Le pastis est la boisson emblématique de la ville : c'est une boisson alcoolisée à base d'épices et d'anis.

Langues Modifier

Articles détaillés : Parler marseillais et Provençal.

Jusqu'au XXe siècle, la langue principale de Marseille est le provençal.

La ville abrite une forme spécifique du français, modifié par le substrat linguistique provençal sur lequel il s'est greffé, mais aussi par les apports linguistiques dus aux diverses immigrations. L'accent marseillais est ainsi reconnaissable à une prononciation particulière :

  • prononciation des -e terminaux, normalement muets, comme des -a atones ;
  • élision des -l- mouillés : mi-(ll)-ion, esca-(l)-ier[100],[101] ;
  • diphtongaison du -i ou du -y après un a- ou un e- : île Maïre (« Mail-re »), Béouveyre (« Béouveil-re », les Aygalades (« Éïgalades) ».

Le parler marseillais se distingue également par un vocabulaire propre et un grand nombre d'expressions dont certaines sont entrées dans les dictionnaires usuels. Il emploie également de nombreuses interjections caractéristiques : « Tè ! » (tiens), « Vé ! » (vois), « Vaï ! » (vas), etc.

Et si la langue majoritaire est aujourd'hui le français, Marseille abrite toujours une multitude de langues, en raison notamment des vagues successives d'immigration : l'arabe, l'arménien, le kabyle, le comorien et, dans une moindre mesure aujourd'hui, l'italien et l'espagnol mais également le corse.

Armoiries et drapeau Modifier

Article détaillé : Armoiries de Marseille.

Blasonnement des armes de Marseille : D'argent à la croix d'azur.

Supports : un lion armé d'un caducée à dextre et un taureau armé d'un trident à senestre, le tout surmonté d'une couronne murale. Les grandes armoiries sont entérinées par une lettre patente du roi Louis XVIII datant de 1815. Elles sont supplémentées d'une couronne murale en 1826.

Devise : Actibus immensis urbs fulget Massiliensis (« La Ville de Marseille resplendit par ses hauts faits »).

La première devise (en provençal médiéval) date de 1257 : « De grands fachs resplend la cioutat de Marseilles », traduite depuis 1691 par la devise actuelle en latin. Autres devises : Sub cujus imperio suma libertas (devise antérieure à la prise de Marseille par Louis XIV en 1660, qui se traduit par « Sous quelqu'empire que ce soit liberté entière »), Massilia civitas (1675), Massiliam vere victor civesque tuere (1691), Fama volat (1704), Illustrat quos summa fides (1705), Eximia civitas (1816)Modèle:Reference necessaire.

Ce blason illustre un timbre poste de 50 centimes (Armoiries de villes, 3ème série 1958).


Personnalités Modifier

Peintres, dessinateurs, sculpteurs Modifier

Fichier:Le vieux port de Marseille par Signac.jpg

Modèle:Colonnes

Acteurs et réalisateurs Modifier

Modèle:Colonnes

Chanteurs et musiciens Modifier

Scientifiques, explorateurs Modifier

Sportifs Modifier

Autres Modifier

Santé Modifier

Marseille est un très important pôle régional de santé. L'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) est le centre hospitalier régional de Marseille et gère les cinq hôpitaux publics de la ville : la Timone, la Conception, Sainte-Marguerite, Salvator et l'Hôpital Nord. L'AP-HM emploir 12 531 personnes dont 1 897 médecins[102].

Autre hôpital public, Laveran est un hôpital d'instruction des armées.

Les principales institutions hospitalières privées sont l'Institut Paoli-Calmettes (centre régional de lutte contre le cancer), l'hôpital Paul-Desbief, l'hôpital Saint-Joseph et l'hôpital Ambroise-Paré.

Marseille est par ailleurs une station thermale avec la station de Camoins-les-Bains.

Éducation Modifier

Enseignement supérieur Modifier

Les établissements d'enseignement supérieur de la région sont répartis entre Marseille, où les enseignements portent traditionnellement sur les sciences exactes et la médecine, et Aix-en-Provence, consacré aux sciences humaines, aux lettres et au droit. Marseille comptait en 2011-2012 51 578 étudiants[103].

L'Université d'Aix-Marseille a été créée le 1 par la fusion des trois universités précédentes. Ses principaux campus se trouvent à Luminy (sciences et sport), Saint-Charles (sciences et lettres), Saint-Jérôme (sciences), Château Gombert (sciences), la Timone (santé), Canebière (droit et économie) et Colbert (économie). L'Université accueille plusieurs écoles en son sein : Polytech Marseille, l'École de journalisme et de communication d'Aix-Marseille.

Parmi les autres écoles de Marseille : l'École centrale, l'École nationale supérieure d'architecture, l'École des Beaux-Arts et Euromed Management.

Plusieurs lycées de Marseille accueille des formations supérieures, BTS ou classes préparatoires, notamment le lycée Marie-Curie, le lycée Saint-Charles et le Lycée Thiers, le plus ancien lycée de la ville.

Recherche Modifier

La délégation Provence et Corse est le second pôle régional du CNRS après l’Île-de-France. Elle emploie près de 1 900 personnes dont 856 chercheurs auquel il faut ajouter le personnel de l'Université et des autres organismes de recherche tels que INSERM ou l'INRA[104].

Sports Modifier

Fichier:Stade Vélodrome OM-ManUTD 57957spectateurs.jpg
Article détaillé : Sport à Marseille.

Les principaux clubs de sport de Marseille sont l'Olympique de Marseille (ligue 1 de football) et le Cercle des nageurs de Marseille (championnat élite de water-polo, natation).

Le Stade Vélodrome a été construit en 1937 et a une capacité de 60 000 spectateurs, qui sera portée à 67 054 pour le championnat d'Europe de football 2016. Son club de football résident est l'Olympique de Marseille, le seul club français à avoir remporté la Ligue des champions de l'UEFA. Le Stade Vélodrome a accueilli les coupes du monde de football de 1938 et 1998 et la coupe du monde de rugby à XV 2007.

Le Palais des sports de Marseille, inauguré en 1989, est une salle omnisports d'une capacité de 7 400 places qui accueille chaque année le tournoi de tennis Open 13, le Trophée Massalia de gymnastique ou Callenge Jeanty de fleuret dames.

Le Palais omnisports Marseille Grand Est, inauguré en 2009 deux patinoires, dont la plus grande de France[105], et un skatepark. Il a accueilli les championnats de France de patinage artistique 2010 et est le lieu de résidence du Massilia Hockey Club.

Marseille compte également 172 courts de tennis, 45 gymnases municipaux, 22 piscines, 72 stades municipaux, 139 boulodromes, 30 clubs de tennis, 3 terrains de golf, 3 bases nautiques, 8 dojos, 3 rampes de skateboard, 3 stands de tir, 2 hippodromes, 5 centres équestres, 2 murs d'escalade et un fronton de pelote basque. La ville abrite aussi cinquante sites de plongée[106].

La ville accueille chaque année le Semi-marathon de Marseille-Cassis, le World Séries 13 de beach-volley, le triathlon international de Marseille et le Mondial La Marseillaise de pétanque, plus grand tournoi de pétanque au monde. Marseille a accueilli le Tour de France cycliste 12 fois depuis 1947 et accueille chaque année le Tour de France à la voile. Marseille a été l'hôte de la coupe du monde de football de plage de 2008 et du championnat du monde de pétanque 2012.

International Modifier

Marseille est le siège de quelques organismes internationaux et de recherche tels que l'Institut de recherche pour le développement (IRD), la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) ou le Conseil mondial de l'eau. Y sont également implantés le bureau local de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), une antenne de la Banque mondiale, un bureau de l'Organisation internationale pour les migrations.

70 consulats sont établis à Marseille, soit la deuxième représentation consulaire de France après Paris[107].

Le 9, les ministres des finances du G7 se sont réunis au Palais du Pharo.

Notes et références Modifier

Notes Modifier

  1. Distance Marseille - Turin : 373 km en passant par Briançon, 485 km en passant par Vintimille.
  2. 40 à 50 cm sur la chaîne de L'Estaque au niveau de Vitrolles et Marignane, des valeurs jamais observées… (Le Monde : Pics de froid en Europe : Marseille paralysée par la neige)
  3. La part des bénéfices est le pourcentage que représentent les revenus des professions non-salariées dans le total des revenus fiscaux.
  4. Les zones favorisées sont le nord du 13e arrondissement (quartiers Château-Gombert, Palama, Les Médecins, Les Mourets et une partie de Saint-Mitre) et une partie du quartier de l'Estaque dans le 16e arrondissement.
  5. « vast inequities in education, employment, and housing »
  6. Elle comprend également les communes d'Allauch et Plan-de-Cuques

Références Modifier

  1. INSEE Résultats du recensement de la population de 2008 - Marseille Provence Métropole
  2. Activité des principaux ports maritimes européens, 2010
  3. Recensement INSEE 2008 Unité urbaine de Marseille
  4. Recensement INSEE 2008 Aire urbaine de Marseille
  5. Paul Mariéton, La Terre provençale, journal de route, Alphonse Lemerre, Paris, 1894, p. 381. Modèle:Gallica [1]
  6. 6,0 et 6,1 Modèle:TGF3, notice 4510, p. 288 (lire en ligne)
  7. Bénédicte Fénié, Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, 2002 (réédition), ISBN 978-2-87901-442-5, p. 39
  8. MARTEL Philippe, « Qui parle occitan ? », Langues et cité, 10, Paris, 12/2007. Langues et cités « Qui parle Occitan ? »
  9. Des langues romanes, Jean-Marie Klinkenberg, Duculot, 1994, 1999, page 228 : Le nombre de locuteurs de l’occitan est estimé tantôt à 10 tantôt à 12 millions. Le comptage est certes malaisé, (…) mais en tout cas aucun chiffre avancé ne descend jamais plus bas que 6 millions.
  10. M. Bouiron, L.-F. Gantès, La topographie initiale de Marseille dans M. Bouiron, H. Tréziny (dir.) Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René. Actes du colloque international d'archéologie. Marseille, 3-5 novembre 1999. Edisud, coll. Études massaliètes no 7, Aix-en-Provence, 2001, p. 23-34 (ISBN 978-2-7449-0250-5)
  11. Communiqué de presse de l'INRAP, 4 400 ans avant la cité phocéenne… Les premiers marseillais mangeaient patelles et bigorneaux !, 13 septembre 2005.
  12. J. Buisson-Catil, I. Sénépart, Marseille avant Marseille. La fréquentation préhistorique du site. Archéologia, no 435, juillet-août 2006, p. 28-31
  13. A. Hermary, A. Hesnard, H. Tréziny, Marseille grecque. La cité phocéenne (600-49 av. J.-C.), Paris, Errance, 1999, p. 37-39
  14. H. Tréziny, Les fortifications de Marseille dans l'Antiquité. in M. Bouiron, H. Tréziny éd., Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi René. Actes du colloque international d'archéologie. Marseille, 3-5 novembre 1999. Marseille, Edisud, 2001 (Études Massaliètes, 7), p. 45-57 (ISBN 978-2-7449-0250-5)
  15. H. Tréziny, Trames et orientations dans la ville antique : lots et îlots. in M. Bouiron, H. Tréziny éd., Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René. Actes du colloque international d'archéologie. Marseille, 3-5 novembre 1999. Marseille, Édisud, 2001 (Études massaliètes, 7), p. 137-145
  16. M. Bouiron, Le site de l'Alcazar de la fondation à nos jours, Archéologia no 435, juillet-août 2006, p. 41
  17. Manuel Moliner, Philippe Mellinand, Laurence Naggiar, Anne Richier, Isabelle Villemeur, La nécropole de Sainte-Barbe à Marseille (IVe siècle av. J.-C.-IIe siècle apr. J.-C.), Edisud, coll. Études massaliètes no 8, Aix-en-Provence, 2003, (ISBN 978-2-7449-0370-0)
  18. Erreur de script Nicholas Ostler, Empires of the word, Harper Collins, Londres, 2005, ISBN 978-0-00-711870-0
  19. Massalia et les comptoirs phocéens de Gaule de -535 à -49 après J.C. sur http://www.arbre-celtique.com/
  20. Une fouille récente liée à l'agrandissement de ce collège en a retrouvé des tracesCollège du Vieux-Port - Institut national de recherches archéologiques préventives
  21. A. Hesnard, P. Bernardi, C. Maurel, La topographie du port de Marseille de la fondation de la cité à la fin du Moyen Âge. In Marc Bouiron, Henri Tréziny éd., Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René. Actes du colloque international d'archéologie. Marseille, 3-5 novembre 1999. Marseille, Edisud, 2001 (Études massaliètes, 7), p. 159-202
  22. J. Guyon, Les cimetières de l'Antiquité tardive. In Marc Bouiron, Henri Tréziny éd., Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René. Actes du colloque international d'archéologie. Marseille, 3-5 novembre 1999. Marseille, Édisud, 2001 (Études massaliètes, 7), p. 355-364
  23. INRAP Institut national de recherches archéologiques préventives
  24. S. Bien, La vaisselle et les amphores en usage à Marseille au VIIe siècle et au début du VIIIe siècle : première ébauche de typologie évolutive in M. Bonifay, J.-C. Treglia éd., LRCW2 Late Roman Coarse Wares, Cooking Wares and Amphorae in the Mediterranean. Archaeology and Archaeometry, Oxford, 2007 (BAR International Séries, 1662 (I))
  25. R. Busquet, Histoire de Marseille. Marseille, Jeanne Laffitte, rééd. 1998, p. 58
  26. Sur toute cette question de la fortification antérieure au XIe siècle, voir l'article de M. Bouiron, Les fortifications médiévales de Marseille in M. Bouiron, H. Tréziny éd., Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René, actes du colloque international d'archéologie, Marseille, 3-5 novembre 1999, Marseille, Édisud, 2001 (Études massaliètes, 7), p. 76-80 (ISBN 978-2-7449-0250-5)
  27. 27,0 et 27,1 Dell'Umbria Alessi. Marseille fait sécession. in: Histoire universelle de Marseille, Agone éditions, 2006.
  28. 28,0 et 28,1 Dell'Umbria Alessi. La fronde marseillaise. in: Histoire universelle de Marseille, Agone éditions, 2006.
  29. Dell'Umbria Alessi. L'ordre classique contre l'esprit baroque. in: Histoire universelle de Marseille, Agone éditions, 2006.
  30. 30,0, 30,1 et 30,2 Dell'Umbria Alessi. Un port franc. in: Histoire universelle de Marseille, Agone éditions, 2006.
  31. Culte du Sacré-Cœur sur Chambre de commerce et d'industrie de Marseille-Provence. Consulté le 12 juillet 2009
  32. p. 97 - depuis " D'impossibles notables ? Les grandes familles de Marseille face à la politique (1860-1970) In: Politix. Vol. 17, no 65. Premier trimestre 2004. p. 93-118."
  33. Caty (R.), Richard (E.), Armateurs marseillais au XIXe siècle, Marseille, CCIM, 1986 ; Zalio (P.-P.), Grandes familles de Marseille au XXe siècle, Paris, Belin, 1999.
  34. Les fondateurs du capitalisme (1860-1913)dans D'impossibles notables ? Les grandes familles de Marseille face à la politique (1860-1970) In: Politix. Vol. 17, no 65. Premier trimestre 2004. p. 93-118.
  35. Emmanuel Laugier, La gare Saint-Charles de Marseille, in revue Marseille no 216 (ISBN 0995-8703), mars 2007, p. 28-30
  36. Harrel-Courtès (C), Quand les bourgeois étaient rois, Paris, France Empire, 1988, p. 41-42.
  37. Dumont (G.), La question du logement social à Marseille de 1875 à 1939, Aix-en-Provence, Institut d'aménagement régional, 1973).
  38. Roncayolo (M.), Les grandes villes françaises : Marseille, Notes et études documentaires, 3013, Paris, La Documentation française, 1963, p. 43.
  39. [IGN] carte 1/25000
  40. Chercheurs d'eau en Méditerranée : pratiques et représentations de l'eau dans l'espace méditerranéen, sous la dir. de Chantal Aspe, éd. du Félin, 1991.
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  42. Périmètres, Parc national des Calanques, consulté le 17 février 2013
  43. Les sites de plongée à Marseille
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  51. Relevés météorologiques de Marseille
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  55. INSEE 9009 - Commune : Marseille (13055)
  56. INSEE - Commune : Marseille - 13055 - Population totale par sexe, âge, type d'activité et situation quant à l'immigration, Insee 2008
  57. Les voisins des jeunes d'origine étrangère en France, Bernard AUBRY. Insee, Strasbourg. Michèle TRIBALAT. INED, Paris, 2008
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  61. Marseille, capitale des inégalités, L'Humanité, 10 avril 2012.
  62. INSEE Diplôme le plus élevé de la population non scolarisée de 15 ans ou plus selon le sexe en 2006
  63. INSEE Chômage (au sens du recensement) des 15-64 ans
  64. 64,0, 64,1, 64,2, 64,3 et 64,4 Témime Emile. Marseille, ville de migrations. In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. no 7, juillet-septembre 1985. p. 37-50.
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  76. Villes jumelées sur marseille.fr. Consulté le 22 février 2009
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  78. Trafic total des ports français métropolitains et des principaux ports européens voisins en 2000 et 2007
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  80. Trafic de marchandises conteneurisées des ports français métropolitains et des principaux ports européens voisins en 2000 et 2007
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  82. des risques/cache/offonce/pid/201;jsessionid=1F9D41261F9636F5D90C157A467A706C Mairie de Marseille : les usines Seveso
  83. http://www.marseille.fr/sitevdm/economie/le-commerce-a-marseille/les-grands-projets-commerciaux
  84. INSEE : Population active de 15 ans ou plus ayant un emploi par sexe, âge et lieu de travail
  85. INSEE Population active de 15 ans ou plus ayant un emploi par sexe, âge, condition d'emploi et temps de travail)
  86. INSEE :Emploi au lieu de travail par sexe et condition d’emploi des individus
  87. 87,0 et 87,1 : INSEE Populations communales 2006 en ZUS
  88. Statistiques de aéroports de France
  89. La RTM veut booster ses bus avec des caméras, Marsactu, 5 juin 2012.
  90. Le métro sera ouvert jusqu'à 1h à partir d'avril, Marsactu, 29 novembre 2012.
  91. Pass 2013, RTM, consulté le 17 février 2013.
  92. Trafic de l'aéroport 6 116 000 passagers en 2006, en hausse de 4,4 % par rapport à 2005
  93. Marseille Provence Métropole 1er port de France et de Méditerranée
  94. On achève bien les bastides marseillaises, Marsactu, 5 octobre 2012.
  95. Tout le cinéma à Marseille, Ville de Marseille, consulté le 19 février 2013.
  96. http://www.sortirenprovence.com/concert/festival/le-festival-mimi-envahit-les-iles-du-frioul
  97. http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/1996212/marseille-web-fest-le-premier-festival-europeen-des-mini-web-series.html
  98. http://www.frequence-sud.fr/art-17273-printemps_de_l_art_contemporain_marseille.html
  99. http://www.francetv.fr/culturebox/art-o-rama-le-plus-petit-salon-international-dart-contemporain-a-marseille-114028
  100. Bouvier, op.cit., p. 177
  101. particularité commune avec le parler lyonnais
  102. Présentation de l'institution AP-HM sur ap-hm.fr. Consulté le 26 mai 2009
  103. La lettre de l'enseignement supérieur (p. 6), Académie d'Aix-Marseille, consulté le 22 février 2013.
  104. :Les chiffres-clefs du budget et des effectifs de la Délégation Provence et Corse (au 01/01/ 2008)
  105. Ville de Marseille - Équipements sportifs sur marseille.fr. Consulté le 16 janvier 2009
  106. plongée Marseille Frioul
  107. Marseille… un tour du Monde, consulté le 21 janvier 2013.

Voir aussi Modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie Modifier

  • Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne, Paris, Errance, 2004 (ISBN 978-2-87772-286-5)
  • Antoine Hermary, Antoinette Hesnard, Henri Tréziny, Marseille grecque : la cité phocéenne (600-49 av. J.-C.), Paris, Errance, 1999 (ISBN 978-2-87772-178-3)
  • Michel Calapodis, La communauté grecque à Marseille ; Genèse d'un paradigme identitaire (1793-1914), Paris, L'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-13206-1) Lire en ligne
  • A. Hermary, H. Tréziny éd., Les Cultes des cités phocéennes, actes du colloque international Aix-en-Provence/Marseille, Marseille, Édisud, 2000 (Études massaliètes, 6) (ISBN 978-2-7449-0229-1)
  • Marc Bouiron, Henri Tréziny éd., Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René, actes du colloque international d'archéologie, Marseille, 3-5 novembre 1999, Marseille, Édisud, 2001 (Études massaliètes, 7) (ISBN 2-7449-0250-1)
  • Dossier spécial Marseille, de la grotte Cosquer à la grande peste, 27 000 ans d'histoire in Archéologia, no 435, juillet-août 2006, p. 18-75
  • Alessi Dell'Umbria, Histoire universelle de Marseille - De l'an mil à l'an deux mille, Marseille, Agone, 2006 (ISBN 2-7489-0061-8) (lire le prologue)
  • Jean Contrucci, Histoire de Marseille illustrée, Toulouse, Le Pérégrinateur Éditeur, 2007 (ISBN 2-910352-49-8)
  • Pascal Blanchard et Gilles Boëtsch, (ss. la dir. de) Sud-Est. Marseille porte Sud. Immigration et histoire coloniale, La Découverte/Jeanne Laffite, 2005, 240 p., avec une préface d'Émile Temime.
  • Nouvel Atlas Châteaux et fortifications des Bouches-du-Rhône (13), {{{prénom1}}} {{{nom1}}}, Châteaux forts d'Europe, 2008, ISBN1253-6008
  • Châteaux-forts de Marseille du XIe au XVIe siècle, {{{prénom1}}} {{{nom1}}}, Castrum Europe, Châteaux-forts d’Europe, , ISBN{{{isbn}}}

Articles connexes Modifier

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Marseille.

Liens externes Modifier

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