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Clément Méric, né en 1994, mort le 6 juin 2013, est un étudiant de l'Institut d'études politiques de Paris, membre de l’Action antifasciste Paris-banlieue et militant à SUD Étudiant, originaire de Brest. Sa mort, à l'âge de 18 ans, à la suite d'une rixe avec des skinheads d'extrême droite a provoqué une vague d'indignation et des manifestations dans plusieurs villes de France. Plusieurs personnalités politiques ont réagi à cet événement.

Biographie Modifier

Clément Méric est le fils de deux enseignants de droit de l'université de Bretagne occidentale à Brest. Il est étudiant au lycée de l'Harteloire de cette même ville, où il obtient un baccalauréat scientifique avec mention « tres bien  »[1], c'était un « très bon élève » et « un gamin un petit peu rebelle » mais « tout à fait respectueux des règles », d'après son ancien proviseur Jean-Jacques Hillion du lycée de l'Harteloire[2]. Il commence à militer dès ses 15 ans à la Confédération nationale du travail ; dans ce cadre, il anime localement un mouvement contre la réforme du lycée en 2010[3]. Il va ensuite étudier à l'Institut d'études politiques de Paris[1], et commence à militer syndicalement au sein de Solidaires Étudiant[4] (anciennement SUD Étudiant) et à fréquenter le kop Bauer des supporters du Red Star. Il participe aussi à des contre-manifestations en marge de manifestations contre le mariage homosexuel début-2013[3].

Il était végétalien[5] et militant antispéciste[5].

Mort Modifier

Fichier:Église Saint-Louis-d'Antin 2.jpg
Fichier:Manifestation mémoire de Clément Méric Strasbourg 6 juin 2013.jpg

Il est gravement blessé lors d'une rixe contre des militants d'extrême droite rue de Caumartin à Paris, le 5, à l'occasion d'une vente privée de vêtements Fred Perry et Ben Sherman (en), deux marques vestimentaires prisées par des militants d'extrême droite et d'extrême gauche[6],[7]. Un affrontement a lieu à l'extérieur du magasin. L'enquête est en cours sur les circonstances exactes de cette rixe, et de nombreuses informations contradictoires circulent dans les medias. Selon son ami qui était présent, cinq skinhead se sont dirigés vers eux, les ont encerclés avant de frapper Clément[8]. Selon un autre témoin, un jeune du groupe antifasciste aurait poussé Clément Méric à se battre tandis que les militants d'extrême droite tentaient d'éviter l'affrontement[9]. Clément Méric a reçu un coup de poing d'Esteban Morillo[10], d'origine espagnole et âgé de 20 ans, qui l’a projeté contre un potelet qui a heurté l’arrière de son crâne. Esteban était accompagné de Cédric C., Stéphane C. et Katia Veloso[11],[12]. Clément Méric est transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans un état de mort cérébrale[13]. Il est déclaré mort le lendemain, à l'âge de 18 ans[14].

Selon les premiers résultats de l'autopsie réalisée le 7 juin, Clément Méric, est décédé des coups qui lui ont été portés au visage[15] et non du choc contre un plot[15]. Selon certaines sources, « il ne fait aucun doute » que le principal suspect « est l'auteur des coups, mais l'intention de tuer n'est pas démontrée ».[16]

Réactions Modifier

Dès le 6 juin à Paris, le ministre de l'intérieur français, Manuel Valls exprime sa « totale détermination à éradiquer cette violence qui porte la marque de l’extrême droite[17],[18] ». Interrogée sur RTL, la présidente du Front national, Marine Le Pen, affirme que son parti « n’a aucun rapport, ni de près ni de loin » avec « ces actes inadmissibles et insupportables[19] ».

Le même jour, le premier ministre Jean-Marc Ayrault déclare devant le Sénat vouloir que le gouvernement trouve les moyens pour « tailler en pièces », « de façon démocratique », les groupes d'extrême droite montrés du doigt après le coup porté la veille à Clément Méric[20].

Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) ayant été mis en cause dès le 5 juin, leur leader, Serge Ayoub, a réfuté le 6 juin toute implication de son groupe dans cette bagarre tout en soutenant que la bagarre avait été initiée par des militants d'extrême gauche[21]. Le même jour, le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, déclare que « l’identité [des personnes interpellées après l'agression de Clément Méric] confirme leur appartenance à un groupuscule d’extrême droite et, plus précisément, des Jeunesses nationalistes révolutionnaires[22] » (JNR).

Le jeudi 6 juin, des rassemblements pour dénoncer la mort de Clément Méric se sont déroulés dans plusieurs villes de France dont Brest, Nantes, Marseille, Paris, Rennes, Strasbourg, Lille[23]. Ces manifestations ont rassemblé près de 15 000 personnes[24].

Suites judiciaires Modifier

Le 8 juin 2013, le procureur de la République de Paris, François Molins, présente l'ensemble des éléments de l'enquête menée : la mort de Clément Méric est liée directement aux coups reçus d'Esteban Morillo, agent de sécurité appartenant à Section Défense Animale[25] lié à la mouvance « Troisième Voie » l'hématome à l'arrière de sa tête et consécutive à une chute n'est pas la cause de la mort d'après l'autopsie[26].

Selon les éléments de l'enquête, présentés par François Molins, un affrontement verbal a éclaté le 2 juin vers 18 heures, lors d'une vente privée de la marque Fred Perry située rue Caumartin. Des militants d'extreme gauche — dont ne faisait pas partie Clément Méric à ce moment — ont déclaré à un groupe de skinheads qu'ils allaient les attendre en bas de l'immeuble. Les skinheads, appartenant à la mouvance « Troisième Voie » ont alors appelé des renforts en disant qu'ils allaient « niquer » les militants d'extrême gauche. Un rixe a éclaté entre militants d'extrême gauche (dont Clément Méric) et quatre skinheads (dont Esteban) accompagnés de la petite amie d'Esteban, prénommée Katia. Armé selon certains témoignages d'un poing américain, Esteban a porté au visage de Clément Méric une « multiplicité de coups » qui ont entraîné la mort du jeune militant. Deux poings américains ont été retrouvés lors de la perquisition menée au domicile du dénommé Esteban[26].

Le 8 juin 2013, le procureur de la République de Paris, François Molins, annonce l'ouverture d'une information judiciaire pour « homicide volontaire » à l'encontre de Esteban Morillo. Le parquet a requis le placement en détention provisoire de quatre des cinq personnes déférées et le placement sous contrôle judiciaire d'une jeune femme[27],[28]. Le juge d'instruction décide finalement de mettre Esteban Morillo en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner », estimant que le suspect n'a pas eu l'intention de tuer Clément Méric[29].

La mort ferait suite à une rixe désordonnée entre les différents protagonistes. Des incapacités totales de travail de trois et sept jours ont été prononcées à l'encontre des deux amis de Clément Méric présents sur les lieux du drame. L'un dit avoir reçu des coups de poing américains sur les bras, l'autre un coup de poing au visage. L'un des suspects, Samuel, apprenti boulanger de 19 ans, a quant à lui dit avoir reçu un coup à l’œil. Une incapacité totale de travail de deux jours lui a été délivrée.[30]

Suites politiques Modifier

Le 8 juin 2013, le premier ministre Jean-Marc Ayrault demande au ministre de l’Intérieur Manuel Valls « d’engager immédiatement » une procédure en vue de la dissolution du groupe d’extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) après la mort de Clément Méric[31],[32].

Notes et références Modifier

Modèle:Crédit d'auteurs

  1. 1,0 et 1,1 « Paris. Agression de Clément Méric : l'auteur présumé arrêté », dans Le Télégramme, 6 juin 2013, consulté sur www.letelegramme.fr le 6 juin 2013
  2. http://www.20minutes.fr/societe/1169177-20130606-etait-clement-meric 20minutes, 6 juin 2013
  3. 3,0 et 3,1 Quentin Girard, Anaïs Moutot, « Clément Méric, une jeunesse militante », dans Libération, 6 juin 2013, consulté sur www.liberation.fr le 7 juin 2013
  4. Un militant syndicaliste et antifasciste tué à Paris par l’extrême-droite !
  5. 5,0 et 5,1 Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  6. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  7. Alexandra Luthereau, Jérôme Comin, « Agression de Clément Méric: Des circonstances plus complexes qu’il n’y paraît », dans 20 Minutes, 6 juin 2013, consulté sur www.20minutes.fr le 6 juin 2013
  8. http://www.liberation.fr/societe/2013/06/06/mort-de-clement-meric-les-skins-se-sont-jetes-sur-nous_908775 Liberation, 6 juin 2013
  9. EXCLUSIF. Mort de Clément Méric : selon un témoin, "les skinheads ne cherchaient pas la bagarre"
  10. http://www.courrier-picard.fr/france-monde/le-meurtrier-presume-de-clement-meric-est-originaire-de-ia207b0n103664
  11. http://videos.tf1.fr/jt-we/2013/le-20-heures-du-7-juin-2013-7985872.html
  12. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  13. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  14. Le militant Clément Méric est décédé sur Le Figaro. Mis en ligne le 6 juin 2013, consulté le 6 juin 2013
  15. 15,0 et 15,1 Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  16. Mort de Clément Méric : premiers éléments dévoilés après l'autopsie, Le Monde, 7 juin 2013.
  17. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  18. Erreur de script
  19. "Le FN n'a aucun rapport avec l'agression" assure Marine Le Pen, sur Le Monde. Consulté le 6 juin 2013.
  20. Ayrault veut "tailler en pièces" les groupes d'extrême droite, sur Public Sénat. Consulté le 6 juin 2013.
  21. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  22. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  23. Erreur de script Modèle:Commentaire biblio
  24. Décès de Clément Méric : hommage de milliers de personnes, sur Les Échos. Consulté le 6 juin 2013.
  25. Source: Ipolitique.fr
  26. 26,0 et 26,1 François Molins, déclaration en direct sur BFM TV, 8 juin 2013 au matin.
  27. « Mort de Clément Méric : information judiciaire pour homicide volontaire », Le Monde.fr avec AFP et Reuters, 8 juin 2013.
  28. G. V., « Clément Méric : enquête pour “homicide volontaire” », Le Journal du dimanche, 8 juin 2013.
  29. Le Monde: Mort de Clément Méric : le principal suspect mis en examen.
  30. http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20130609.REU5927/le-principal-suspect-mis-en-examen-dans-l-affaire-clement-meric.html
  31. AFP, Le gouvernement va dissoudre les JNR «immédiatement», Libération, 8 juin 2013.
  32. Le Monde.fr avec AFP et Reuters, Clément Méric : le gouvernement veut dissoudre les JNR, Le Monde, 8 juin 2012.

Voir aussi Modifier

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Articles connexes Modifier

Liens externes Modifier

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