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Benjamin Péret

Autres noms Satyremont, Peralda, Peralta
Activités Écrivain, poète
Naissance 4
Rezé, Loire-Atlantique
Décès 18 (à 60 ans)
Paris, Seine
Langue d'écriture Français
Mouvement Surréalisme
Genres Poésie

Benjamin Péret, né le 4 à Rezé (Loire-Atlantique), mort le 18 à Paris, est un écrivain surréaliste, également connu sous les pseudonymes de Satyremont, Peralda et Peralta[1].

Biographie Modifier

Sa mère le fait engager comme infirmier au cours de la Première Guerre mondiale.

En 1920, elle rend visite à André Breton, pour lui acheter le dernier numéro de la revue Littérature et lui recommander une « personne » qui doit bientôt venir à Paris, s'y fixer et « qui voudrait se lancer dans la littérature ». Quelques jours plus tard, Benjamin Péret arrive[2].

Après sa rencontre avec Robert Desnos, il s'essaie à l'écriture automatique.

En 1921, il participe au procès contre Barrès, organisé par les dadaïstes. Péret y apparaît dans le rôle du « soldat inconnu ».

En 1928, Benjamin Péret écrit un ouvrage au titre basé sur une contrepèterie, Les Rouilles encagées. Le livre est saisi en cours de fabrication à l’imprimerie. Il ne sera disponible pour le grand public qu'un demi-siècle plus tard. En 1970 il est édité par Éric Losfeld, pour être interdit à nouveau en 1971, puis enfin autorisé en 1975. Éric Losfeld s’était risqué à un tirage limité, une centaine d’exemplaires, en 1954. Il était illustré par des dessins d’Yves Tanguy.

Péret est un des poètes surréalistes les plus singuliers : virtuosité de l'écriture automatique, luxuriance baroque des images (relancées infiniment par un emploi unique de la proposition relative), humour burlesque désacralisateur, audace transgressive. La poésie de Benjamin Péret s'inscrit dans le surréalisme du plus haut vol, sous le signe ascendant de l'abondance, de la liberté.[réf. nécessaire]

Brésil Modifier

En 1928, il épouse la cantatrice brésilienne Elsie Houston, et fait la connaissance de Mario Pedrosa, son beau-frère, qui vient de souscrire aux thèses de Trotski. Au Brésil, où il séjourne de 1929 à 1931, il s’invente une sorte de nouvelle vie qui fait de lui simultanément : un oppositionnel de gauche, un poète reporter curieux des rituels de la macumba et du candomblé, un correcteur, un père de famille (son fils, Geyser, naît le 31 août 1931) et un prisonnier politique. Péret est finalement expulsé comme « agitateur communiste » par le gouvernement de Getúlio Vargas. Revenu en France, il est membre de l'Union communiste après avoir adhéré en 1925 au Parti communiste français. Il s'en éloigne ensuite pour se rapprocher peu de temps après de Grandizo Munis.

Espagne Modifier

En 1936, Benjamin Péret se rend en Espagne auprès des républicains en tant que délégué du Parti ouvrier internationaliste, qui pour une brève durée avait uni les différents courants trotskistes. Il se bat dans les colonnes du POUM (Parti ouvrier d'unification marxiste)[3], puis, déçu par les dissensions internes de l'extrême gauche antistalinienne"{{{1}}}", Péret rejoint les anarchistes de la colonne Durutti et dirige une unité qui combat sur le front de Teruel[4]. À Barcelone, il rencontre la peintre Remedios Varo qu'il épousera en 1946.

France Modifier

Revenu en France, il est emprisonné en mai 1940 à Rennes durant trois semaines au motif de reconstitution de ligue dissoute (trotskiste) puis libéré sous caution par les nazis qui viennent d'occuper la Bretagne. Rentré à Paris, il glisse des coquilles dans un journal collaborateur tout en dirigeant les premières réunions du groupe La Main à plume avec Robert Rius. Le froid et la faim le poussent à quitter la capitale pour Marseille où il se réfugie en mars 1941, il travaille un temps à la coopérative Le Croquefruit.

Mexique Modifier

Lorsque les Surréalistes fuient les nazis, Varo et Péret partent pour le Mexique en 1941. Péret reste de 1942 à 1948 au Mexique dans des conditions financières difficiles, mais est fasciné par l’art maya et les mythes et légendes des sociétés précolombiennes. Il entreprend une anthologie qu’il termine peu de temps avant sa mort. En 1945, il rédige Le Déshonneur des poètes, un pamphlet en réponse à L'Honneur des poètes (publié clandestinement en 1943).

France Modifier

Séparé de Remedios Varo et revenu en France, il écrit pour les revues surréalistes tout en participant politiquement à la décolonisation et à la critique du stalinisme. Benjamin Péret est le seul surréaliste à être resté fidèle à André Breton, jusqu'à sa mort.

Il est enterré à Paris, au cimetière des Batignolles.

Œuvre Modifier

  • Le Passager du transatlantique, 1921
  • 152 Proverbes mis au goût du jour, en collaboration avec Paul Éluard, 1925
  • Dormir, dormir dans les pierres, 1927
  • Le Grand Jeu, 1928
  • Ne visitez pas l'exposition coloniale, 1931
  • De derrière les fagots, 1934
  • Je sublime, 1936
  • Je ne mange pas de ce pain-là, 1936
  • Le Déshonneur des poètes, 1945[5]
  • Dernier malheur dernière chance, 1945
  • Un point c'est tout, 1946
  • Feu Central de Benjamin Péret, avec des illustrations d'Yves Tanguy, 1947[6]
  • Les syndicats contre la révolution avec Grandizo Munis, 1952[7]
  • Air mexicain, 1952
  • Texte du film L'Invention du monde réalisé par Michel Zimbacca et Jean-Louis Bédouin (1952)[8]
  • Le Livre de Chilam Balam de Chumayel (1955)
  • Anthologie de l’amour sublime (1956)
  • La Commune des Palmares (1956)
  • Gigot, sa vie, son œuvre (1957)
  • Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique (1960)
  • Œuvres complètes, tomes I à III, Eric Losfeld / Association des amis de Benjamin Péret..
  • Œuvres complètes, Tome IV à VII, José Corti. / Association des amis de Benjamin Péret
  • Pour un second manifeste communiste avec Grandizo Munis du Fomento obrero revolucionario Ed. Losfeld, 1965 2009/06/01/pour-un-second-manifeste-communiste-for-1961/ Texte en ligne
  • Édition populaire : Le déshonneur des poètes suivi de La parole est à Péret, avec une postface de Joël Gayraud, Éditions Mille et une nuits, Paris, 1996

Annexes Modifier

Bibliographie Modifier

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  • Jean-Louis Bédouin, Benjamin Péret, Paris, 1960.
  • A la mémoire de Benjamin Péret, Paris, groupe Spartacus, mars 1963. Tract de Louis Janover, Roger Langlais et Bernard Pécheur, cosigné par les groupes Pouvoir Ouvrier et Fomento Obrero Revolutionario. Cf. Front Noir (n°1, juin 1963) ; et l'Association des Amis de Benjamin Péret qui l'a reproduit à son tour intégralement dans À propos de Péret. Le surréalisme pris en otage par ses sectaires, même, Paris, 1987.
  • Claude Courtot, Introduction à la lecture de Benjamin Péret, Paris, 1965.
  • Jean-Michel Goutier, (s/dir.) Benjamin Péret, Paris, 1982.
  • Guy Prévan, Péret Benjamin, révolutionnaire permanent, Paris, 1999.
  • Cahiers Benjamin Péret, numéro 1, septembre 2012, revue dirigée par Gérard Roche, secrétariat de rédaction Jérôme Duwa.

Voir aussi Modifier

Notes Modifier

  1. Source BnF
  2. André Breton, Nadja, in Œuvres complètes, tome 1, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1988, p. 659.
  3. Chronologie du trotskisme en France (1928-2009) sur Dissidences.net (13 p.)
  4. Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre, Fribourg, Suisse & Presses universitaires de France, Paris, 1985, p. 326.
  5. Texte en ligne : Archive Internet des Marxistes, Smolny, Tintin Révolutionnaire
  6. Paris, K. Éditeur. In-8° broché, 101 p., illustrations hors texte (gouaches d'Yves Tanguy reproduites en phototypie), (collection Le Quadrangle, n° 2), édition en partie originale, tirage : 30 exemplaires sur pur fil Johannot avec une eau-forte originale d'Yves Tanguy, 200 exemplaires sur vélin Crèvecœur du Marais, 800 exemplaires sur papier d'édition, quelques exemplaires hors-commerce de chaque papier.
  7. Éditions Losfeld, 1968.Texte en ligne.
  8. Réédité en DVD en 2010.

Liens externes Modifier

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